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Africa CEO Forum : pour un véritable capitalisme d’État

Des particpants au CEO Forum le 20 novembre. © Bruno Levy-Theceoforum2012

Au cours de la deuxième plénière du Africa CEO Forum, consacrée aux politiques publiques, plusieurs points cruciaux ont été soulignés : donner la voix au secteur privé et aux syndicats, faciliter les échanges commerciaux, adopter des politiques équilibrées entre croissance et création d'emplois et développer un capitalisme d'État.


« Nous demandons la démocratisation de la définition des politiques publiques ». Albert Yuma, président du conseil d’administration de la Gécamines et patron des patrons en RD Congo, a résumé en une phrase la volonté du secteur privé africain de se placer au centre de la discussion sur les politiques publiques sur le continent. « Il faut que toute politique publique fasse l’objet d’un consensus national, avec le secteur privé, la société civile et les partenaires sociaux. Tout cela doit reposer sur la confiance, notamment envers le secteur privé », a souligné en écho Mohamed El Kettani, président directeur général d’Attijariwafa Bank. Associé lui-aussi à la deuxième conférence plénière du Africa CEO Forum, intitulée « Quelles politiques publiques pour le développement de l’entreprise africaine », le ministre des Finances de Côte d’Ivoire Charles Koffi Diby a souligné l’importance pour les gouvernements de mettre en place une plateforme de discussion et de ne pas prendre de décisions unilatérales.

Nous demandons la démocratisation de la définition des politiques publiques.
Albert Yuma, patron des patrons congolais

Infrastructures douces

Sur les réformes publiques nécessaires, Valentine Rugwabiza, directrice générale adjointe à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a insisté sur l’importance des infrastructures douces (soft infrastructures) : assouplir les procédures douanières et réduire le nombre de documents exigés. Selon des chiffres annoncés par Paul-Harry Aithnard (Groupe Ecobank), le commerce intra-régional en Afrique représente 10,9% du PIB en Afrique subsaharienne, contre 60,7% en Asie et 61,5% dans les 27 pays de l’Union européenne. La situation est plus dramatique encore en Afrique centrale francophone, où le chiffre atteint 1,6%. « 5% des céréales consommées par les pays africains sont importées depuis d’autres pays africains », a renchéri Valentine Rugwabiza.

Amine Tazi-Riffi (McKinsey) a plaidé pour une politique publique mixant stratégie sectorielle et décisions facilitant l’activité. « Le choix des secteurs prioritaires doit être équilibré entre la croissance du PIB et des exportations et celle de l’emploi », a ajouté le consultant, citant le retail, l’agriculture et les services sociaux comme les secteurs les plus créateurs d’emplois en Afrique.

Véritable capitalisme d’État africain

La nécessité de la montée d’un véritable capitalisme d’État africain, capable de gérer au mieux les impératifs de gouvernance et de déploiement d’une stratégie économique nationale, a également été souligné. « Trop souvent, nous négligeons l’importance d’un tel capitalisme dans les pays émergents », a souligné Amine Tazi-Riffi. Albert Yuma a quant à lui parlé de nationalisme partagé entre le secteur privé et les gouvernements. « Les États chinois ou singapouriens aident leurs compagnies, notamment à l’étranger », a rappelé Hischam El-Agamy, directeur général de l’IMD Lausanne.

L’importance de faciliter la création d’entreprises, de disposer d’électricité et de financements et de protéger les investisseurs a également été soulignée.

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Frédéric Maury, envoyé spécial à Genève

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