Des experts de l’ONU menacés après un rapport sur l’Érythrée

Sheila B. Keetharuth, membre de la Commission d'enquête sur les droits humains en Érythrée, 24 juin 2015 à Genève. © Martial Trezzini/AP/SIPA

Des membres de la Commission d’enquête internationale sur les droits de l’homme en Érythrée auraient été victimes de menaces et d’intimidation lors de leur passage à Genève, en Suisse, deux semaines après avoir publié un rapport accablant sur les violations « massives » des droits de l’homme dans le pays d'Issayas Afewerki.

« J’ai appris que des membres de la Commission d’enquête sur l’Érythrée ont été victimes de menaces et d’actes d’intimidation à leur hôtel et dans les rues depuis leur arrivée à Genève », a confirmé Joachim Ruecker, le président du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Les 23 et 24 juin, ces agents des Nations unies étaient à Genève pour débattre de la situation en Érythrée et du rapport publié le 8 juin sur les graves violations des droits de l’homme qui poussent 5000 Érythréens à fuir leur pays chaque mois. Le document de 500 pages souligne les violations « systématiques et à grande échelle » des droits humains par le gouvernement du président Issayas Afewerki. Le président de la Commission d’enquête, Mike Smith, a proposé mercredi que le Conseil de sécurité de l’ONU détermine si le gouvernement érythréen est responsable de « crimes contre l’humanité ».

« Fausses allégations » de l’ONU

Deux jours plus tôt, des centaines d’Érythréens, venus de partout en Suisse et en Europe, avaient manifesté devant le siège onusien de Genève pour demander au Conseil des droits de l’homme de rejeter les « fausses allégations » du rapport de la Commission. Proches du pouvoir, ils dénonçaient une campagne de harcèlement de l’ONU, réclamant la levée des sanctions internationales pesant sur leur pays.

Eritrea needs peace/Twitter

Capture d'écran © Eritrea needs peace/Twitter

Sur Twitter, l’une des membres de la Commission d’enquête, Sheila B. Keetharuth, a été victime d’une campagne visant à ternir sa réputation. Plusieurs personnes l’accusent de conspiration.

Samson Negassi/Twitter

Capture d'écran © Samson Negassi/Twitter

Hadnetkeleta/Twitter

Capture d'écran © Hadnetkeleta/Twitter

Hagerawi/Twitter

Capture d'écran © Hagerawi/Twitter

« Des désaccords avec les membres de la Commission d’enquête peuvent toujours être exprimés. Cependant, il est inacceptable qu’ils soient victimes de menaces et d’intimidation », a déclaré Joachim Ruecker. « Nous avons pris des mesures de sécurité afin que le dialogue se déroule dans le calme et la dignitié », explique-t-il, sans s’avancer sur la nature des menaces reçues par les membres de la Commission. Leur sécurité a été renforcée en collaboration avec la police suisse et une enquête a été ouverte.

 

 

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