Soudan du Sud : des centaines d’enfants enlevés et transformés de force en soldats

Par Jeune Afrique avec AFP

Des enfants-soldats réunis par l'UNICEF lors d'une cérémonie de désarmement et de réintégration, en février 2015 à Pibor, dans l'est du Soudan du Sud. © Charles Lomodong/AFP

Les enfants du Soudan du Sud, premières victimes de la guerre civile qui déchire depuis dix-huit mois le pays. Lors des dernières violences recensées, près de mille d'entre eux ont été recrutés de force comme enfants-soldats.

Un enrôlement contraint extrêmement violent. Dans deux villages, Kodok et Wau Shilluk, des troupes rebelles ont fouillé une à une des maisons, enlevant des enfants d’à peine 13 ans.

Ces exactions ont eu lieu début juin dans l’État du Haut-Nil, l’un des terrains de bataille du nord du pays, précise un rapport de l’organisation intergouvernementale est-africaine Igad, médiatrice dans le conflit opposant les forces loyales au président Salva Kiir et son ancien vice-président, Riek Machar.

Le rapport met en cause le chef d’une milice locale, Johnson Olony. Cet ex-général du camp gouvernemental, passé à la rébellion en mai, n’en est pas à ses premiers faits d’armes. Johnson Olony « a organisé les recrutements sous la contrainte d’environ 500 à 1 000 jeunes, dont de nombreux enfants âgés de 13 à 17 ans », précise le rapport, qui ajoute que « les jeunes ont été emmenés dans des camps d’entraînement ».

Des enfants égorgés, violés, brûlés vifs

Avant ces dernières informations, l’Unicef estimait qu’au moins 13 000 enfants-soldats combattaient dans le pays. L’organisation a affirmé la semaine dernière que les forces des deux camps qui s’affrontent ont perpétré des crimes atroces contre des enfants. Les récents actes de violences comprennent des émasculations, des viols, les combattants ligotant parfois des enfants entre eux avant de leur trancher la gorge ou de les jeter dans des bâtiments en feu.

Le rapport de l’Igad ajoute par ailleurs qu’en mai, les forces gouvernementales ont délibérément ouvert le feu sur quelque 30 000 civils réfugiés sur une base de maintien de la paix de l’ONU, dans la capitale de l’État du Haut-Nil, Malakal. Une « attaque menée d’une façon délibérée et prolongée », peut-on lire dans le rapport.