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MTN muscle son jeu en Côte d’Ivoire

La filiale du groupe sud-africain s'est engagée à couvrir 95% de la population en 3G d'ici à six ans. © Olivier/JA

Inauguration de la 3G, vente de ses antennes relais, développement de la fibre optique : MTN se transforme pour mieux affronter son concurrent direct, Orange.

Oubliées la crise postélectorale et ses conséquences financières. Un an et demi plus tard, le secteur ivoirien des télécoms a retrouvé des couleurs. Au coude à coude avec Orange pour dominer le marché, MTN profite à fond du redémarrage économique, affichant une croissance de son chiffre d’affaires de 15 % en rythme annuel. Un timing parfait pour réaliser une transformation en profondeur de l’entreprise.

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Déjà fournisseur d’accès internet via des clés informatiques connectées à un réseau sans fil wimax, l’opérateur s’apprête à lancer d’ici à quelques semaines des offres 3G (internet mobile) sur Abidjan et les dix principales villes de Côte d’Ivoire. Dans un contexte de baisse générale des revenus provenant des communications classiques, l’adoption de cette nouvelle technologie est un passage obligé pour la filiale du géant sud-africain. En vue : un relais de croissance reposant sur l’explosion de l’utilisation d’internet. « C’est une révolution, posséder un ordinateur n’est plus indispensable pour aller sur le Net », explique Wim Vanhelleputte, directeur général de la filiale depuis 2009.

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D’ici à six ans, MTN – comme Orange et Moov, également détenteurs de la licence 3G – s’est engagé à couvrir 95 % de la population. Pour la première phase, l’investissement représente environ 7 milliards de F CFA (10,7 millions d’euros), auxquels il faut ajouter les 6 milliards de F CFA payés pour obtenir le précieux sésame. Par la suite, l’opérateur prévoit un budget annuel de 4 milliards pour étendre son réseau.

Reste à contourner un obstacle majeur : seuls 6 % des plus de 6 millions de clients de l’opérateur sont équipés d’un téléphone compatible. Pour faciliter le renouvellement du parc de terminaux, MTN mise beaucoup sur ses accords avec les fabricants sud-coréen Samsung et chinois Huawei et ZTE. L’objectif : proposer des smartphones à moins de 100 000 F CFA. « La baisse des prix est inéluctable. Peu à peu, leur prix va se rapprocher de celui des téléphones classiques », réagit Serge Thiémélé, spécialiste des télécoms chez Ernst & Young.

D’ici à un an, le patron de MTN Côte d’Ivoire espère séduire entre 100 000 et 200 000 utilisateurs quotidiens, soit plus que les clients du réseau wimax. Si l’opérateur met les bouchées doubles, c’est aussi parce qu’il doit rattraper Orange, dont le réseau 3G fonctionne depuis avril dernier. « Ce n’est pas en six mois que notre principal compétiteur aura bouleversé le marché », dédramatise Wim Vanhelleputte.

MTN infoCoeur de métier

Pour le géant sud-africain, le lancement de l’internet mobile à Abidjan s’accompagne d’une nouvelle approche en matière d’infrastructures. Fin septembre, les filiales ivoirienne et camerounaise de MTN ont toutes deux vendu leurs tours de télécommunications (antennes relais) à la société IHS pour environ 220 millions d’euros. « Entretenir des pylônes et mettre de l’essence dans les groupes électrogènes ne font pas partie de notre coeur de métier », justifie Wim Vanhelleputte. Le but est de limiter les coûts liés à ces installations dites passives, en les louant à moindre frais (car le nouveau propriétaire les propose également aux autres opérateurs). À la clé, quelques points de rentabilité supplémentaires. En outre, la colocation des tours réduit les frais d’extension du réseau lorsqu’il s’agit de couvrir des zones peu profitables, complète Thecla Mbongue, analyste senior pour le cabinet Informa Telecoms & Media.

En parallèle, MTN Côte d’Ivoire préfère se concentrer sur le financement d’infrastructures stratégiques comme le câble sous-marin Wacs reliant le continent au réseau mondial ou la fibre optique terrestre déployée à Abidjan. « Ce sont des éléments indispensables au succès de la 3G. Grâce à cela, nos marges resteront intéressantes », explique Wim Vanhelleputte. Mais « l’avantage sera de courte durée », précise Serge Thiémélé. Le câble sous-marin ACE, concurrent de Wacs, dont le consortium est mené par Orange, devrait arriver courant 2013 en Côte d’Ivoire. 

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