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Burkina – Me Bénéwendé Sankara : « Nous sommes les héritiers du président Thomas Sankara »

Me Bénéwendé Sankara, le 19 juin 2015 à Paris. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Candidat des sankaristes à l'élection présidentielle d'octobre prochain, l'avocat Bénéwendé Sankara entend poursuivre l’œuvre de l'ancien président révolutionnaire s'il est élu. Interview.

Jeune Afrique : pourquoi vous portez-vous candidat à l’élection présidentielle d’octobre prochain ?

Me Stanislas Bénéwende Sankara : Je suis candidat parce que j’aime le peuple burkinabè. Je crois comprendre ses préoccupations et pense lui être utile en lui apportant ce que l’Unir-PS (l’Union pour la renaissance-Parti sankariste, ndlr) a conçu comme réponses concrètes à ses aspirations. J’ai toujours cru que le Burkina Faso peut être un pays formidable, où l’on peut combattre la pauvreté, instaurer une véritable justice sociale, faire la promotion des valeurs de la démocratie, redonner goût aux Burkinabè de croire en leur destin et revaloriser le « pays des hommes intègres ».

Quelles sont vos chances par rapport aux présidentielles de 2005 et 2010, lors desquelles vous étiez déjà candidat ?

Je ne dirais pas que j’ai des atouts mais, sans tabous, mes chances sont nombreuses. Avec mes camarades, nous voulons simplement avoir l’opportunité d’être les acteurs du changement. Depuis 1994, tous les Burkinabè savent comment, en tant qu’avocat, je me suis investi pour défendre la liberté, les plus pauvres et les plus démunis. Depuis 2000, je me suis engagé sur le plan politique en créant l’Unir-MS, aujourd’hui Unir-PS. Notre objectif est désormais de construire un Burkina Faso sur la pierre angulaire posée par le président Thomas Sankara.

Vous considérez-vous comme un héritier de Thomas Sankara ?

Tout-à-fait. Pour revaloriser cet héritage, il a fallu, dans un premier temps, détruire ce que nous appelons l’imposture du régime de Blaise Compaoré. Cela a eu lieu les 30 et 31 octobre derniers grâce à une insurrection populaire, mais il faudrait maintenant offrir aux Burkinabè un État véritablement démocratique, libre, prospère, où chacun trouvera son bonheur. Tous ceux qui ont eu la chance de lire le programme alternatif sankariste savent bien que nous proposons le renouveau. Cela fait plus de 27 ans que Thomas Sankara n’est plus là. Le monde a beaucoup évolué et a connu des mutations.

Vous envisagez donc d’adapter l’œuvre de Thomas Sankara ?

Nous allons poursuivre l’œuvre du président Thomas Sankara en reprenant sa rigueur au niveau de la gouvernance. Si nous parvenons au pouvoir, la première chose que nous allons faire sera de restaurer l’autorité de l’État. Nous allons faire en sorte d’avoir une justice adéquate et appropriée pour lutter contre la corruption et l’impunité. Nous allons faire en sorte que les Burkinabè soient sécurisés. Qu’il n’y ait pas deux types d’armées dans notre pays et que l’armée soit vraiment républicaine. Que les citoyens soient égaux devant la loi, et que personne ne soit protégé seulement parce qu’il a tiré la bonne carte à la naissance.

Ne bénéficiez-vous pas de la sympathie sankariste post-insurrectionnelle ?

Je bénéficie certes de cette sympathie mais notre chance se fonde aussi sur notre travail. L’Unir-PS est le parti sankariste le mieux implanté au Burkina Faso. Nous sommes présents dans les 45 provinces, où nous possédons des structures et des militants. Nous voulons capitaliser sur les acquis de l’insurrection et les transformer en actions de développement, de prospérité et de partage pour tous les Burkinabè qui attendent de pouvoir manger les fruits de leur lutte.

Les sankaristes sont-ils enfin unis en vue de cette nouvelle élection présidentielle ?

Depuis que nous avons créé l’Unir-PS, nous avons toujours dit que l’unité ne se décrète pas. L’unité se fait autour d’un idéal, d’un projet de société et autour des aspirations de notre peuple. Cette unité existe mais elle a besoin d’être consolidée.

Des sondages vous donnent bien placé derrière les favoris Zéphirin Diabré (UPC) et Roch Marc Christian Kaboré (MPP). En cas de deuxième tour, avec qui pourriez-vous faire alliance ?

Un sondage est un sondage. Mais en cas de deuxième tour, qui vous dit que ce ne serait pas moi qui aurait besoin du soutien d’un autre ?

Alors si vous arrivez en tête, avec qui pourriez-vous faire alliance ?

Il faut composer en tenant compte des idéologies des partis politiques. Nous allons d’abord compter sur tous ceux qui partagent notre vision.

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