Le Liberia veut percer le mystère du « syndrome post-Ebola »

Par Jeune Afrique avec AFP

Affiche appelant à prendre des mesures de protection pour mettre fin à l'épidémie d'Ebola, le 23 février 2015 à Monrovia © Zoom Dosso/AFP

Le Liberia a lancé une étude de cinq ans, faisant appel à plusieurs milliers de volontaires. Objectif : mieux cerner les effets à long terme, encore très peu connus, du virus Ebola chez les survivants de l'épidémie, a-t-on appris de source officielle.

Quelque 1 500 survivants et 6 000 de leurs proches ou partenaires sexuels devraient participer à cette étude conduite par le Partenariat pour la recherche sur les vaccins anti-Ebola au Liberia, un programme commun au Liberia et aux États-Unis plus connu sous l’acronyme PREVAIL.

Le pays exempt de l’épidémie le 9 mai

« L’évolution clinique du virus Ebola (chez un patient) est plutôt bien documentée, mais nous avons encore beaucoup à apprendre des effets à long terme de la maladie chez les survivants », a expliqué  Anthony Fauci, de l’Institut national de la Santé, une agence gouvernementale américaine spécialisée dans la recherche médicale.

L’épidémie d’Ebola, qui avait débuté en Guinée voisine, a touché le Liberia à partir de mars 2014 et y a fait quelque 4 800 morts. Mais le pays a été officiellement déclaré exempt de l’épidémie le 9 mai, après 42 jours sans qu’aucun nouveau cas n’y soit enregistré.

Le « syndrome post-Ebola » scruté

Les données scientifiques sur les survivants d’Ebola sont rares – la recherche s’est jusqu’à présent concentrée sur la lutte contre le virus et notamment la mise au point d’un vaccin – mais l’OMS a reconnu que nombre de survivants présentaient des complications. Parmi ces symptômes variés, qui constituent le « syndrome post-Ebola », les troubles auditifs  et de la vision sont couramment observés.

De même, l’OMS a annoncé en avril que des traces du virus Ebola avaient été découvertes dans le sperme d’un homme, six mois après sa guérison. L’organisation avait alors recommandé aux survivants d’utiliser des préservatifs au delà des trois mois initialement préconisés.

« Il est alors devenu évident que beaucoup de choses concernant les survivants du virus n’avaient pas été étudiées… Ça a soulevé beaucoup de questions sur le virus », a reconnu Kasola Fallah, le chercheur en charge de l’étude.

Des participants suivis sur cinq ans

Tous les participants devront subir un examen médical et oculaire, des prises de sang, et certains se verront prélever des échantillons divers (sueur, larmes, sperme etc). Le recrutement des volontaires a débuté mercredi à l’hôpital JFK de Monrovia et des centres de santé à travers le pays vont être désignés pour en trouver d’autres.

Ces derniers seront invités à donner les noms de cinq contacts – des proches ou des partenaires sexuels – qui eux-aussi feront l’objet d’examens médicaux et de tests sanguins avant de répondre à un questionnaire détaillé sur leurs contacts avec le survivant. L’ensemble des volontaires – survivants et leurs proches – seront suivis pendant cinq ans et feront l’objet d’un examen médical semestriel.