Kenya : vers la levée du gel des transferts d’argent vers la Somalie

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président du Kenya Uhuru Kenyatta, le 4 avril 2015 à Nairobi. © John Muchucha/AFP

Le président kényan a ordonné jeudi à la Banque centrale de réglementer l'activité du secteur des entreprises de transferts de fonds vers la Somalie, un préalable à la reprise de leurs opérations suspendues depuis l'attaque de l'université de Garissa en avril par les shebab somaliens.

Dans un communiqué publié le 18 juin à l’occasion du début du mois saint de Ramadan, le président Uhuru Kenyatta dit avoir « donné instruction à la Banque centrale du Kenya d’édicter une réglementation sur les opérations » des entreprises de transferts d’argent, qui permettront « de lever leur suspension ».

Les autorités kényanes avaient, après l’attaque de Garissa (nord-est du Kenya) qui avait fait 148 morts, dont 142 étudiants le 2 avril, ordonné le gel des comptes bancaires de 85 personnes ou entités soupçonnées de liens avec les shebab, dont les entreprises de transfert d’argent, ainsi que des ONG, les empêchant de facto d’opérer.

Cette mesure avait été décriée par des ONG et une population somalienne s’estimant victime d’une « punition collective ». Une importante communauté somalienne vit au Kenya et, faute de système bancaire en Somalie, ces entreprises lui sont indispensables pour envoyer des fonds vitaux à leurs proches restés dans leur pays, livré au chaos depuis plus de vingt ans.

Treize entreprises de transferts de fonds sont concernées. Aucune date pour la reprise de leurs activités n’a été mentionnée.

Chaque année, la diaspora somalienne du monde entier envoie environ 1,1 milliard de dollars dans le pays de la Corne de l’Afrique, un montant largement supérieur à l’aide internationale.

À l’occasion du Ramadan, au cours duquel les shebab intensifient généralement leurs attaques, M. Kenyatta a aussi appelé les musulmans « à rester vigilants, et à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour coopérer pleinement avec les agences de sécurité ».