RDC – CPI : le procès de Bosco Ntaganda débutera le 7 juillet à La Haye

Par Jeune Afrique avec AFP

Peter de Jong/AFP © Bosco Ntaganda, entendu par la Cour pénale internationale de La Haye le 26 mars 2013

Surnommé "Terminator" car réputé sans pitié, l'ex-chef de guerre congolo-rwandais est accusé d'avoir joué un rôle central dans les crimes ethniques commis en Ituri en 2002 et 2003.

Le procès de l’ex-chef de guerre Bosco Ntaganda devant la Cour pénale internationale(CPI) s’ouvrira au siège de la cour à La Haye et non en République démocratique du Congo, où il est accusé d’avoir commis des crimes contre l’humanité, a indiqué la CPI lundi.

Des juges de la CPI avaient recommandé en mars que les déclarations d’ouverture dans ce procès aient lieu à Bunia, la capitale de l’Ituri, dans le nord-est de la RDC. L’objectif était de rapprocher le travail judiciaire de la Cour des communautés les plus affectées, le reste du procès devant se dérouler à La Haye.

Mais la présidence, prenant en compte des risques pour la sécurité et le bien-être des témoins, l’impact logistique et les coûts estimés à plus de 600 000 euros, a finalement conclu que les avantages potentiels de la tenue de procédures à Bunia seraient dépassés par ces risques.

18 chefs de crimes contre l’humanité et crimes de guerre

Bosco Ntaganda, 41 ans, est accusé d’avoir joué un rôle central dans les crimes ethniques commis en Ituri en 2002 et 2003. Il doit répondre de 18 chefs de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis par les Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC), dont il était le chef militaire. Bosco Ntaganda est notamment accusé d’avoir lui-même violé et réduit en esclavage sexuel des jeunes filles de moins de 15 ans.

Si le procès s’était ouvert à Bunia, cela aurait été une première dans l’histoire de la CPI : toute la salle d’audience aurait été du voyage, les juges, le greffe, l’accusé et son équipe de défense, l’accusation et les représentants des victimes.

Le premier à se livrer à la CPI

Milice à prédominance Hema, les FPLC combattaient principalement l’ethnie rivale Lendu pour le contrôle de l’Ituri, région riche en ressources naturelles, notamment de l’or, et en proie à des violences ayant fait quelque 60 000 morts depuis 1999.

Puis Bosco Ntaganda avait été l’un des meneurs du Mouvement du 23 mars (M23), lancé en mai 2012 dans l’est de la RDC, avant de subir une défaite militaire face à une scission de cette rébellion menée par Sultani Makenga. Après l’éclatement du mouvement, il s’était réfugié à l’ambassade des États-Unis au Rwanda et avait demandé son transfert à La Haye. De fait, il avait été en mars 2013 le premier à se livrer à la CPI.