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Le Maroc confronté à des fraudes massives lors du baccalauréat

Par Jeune Afrique avec AFP

Les affaires de fraude pendant les épreuves du baccalauréat se multiplient au Maroc. © Mehdi Fedouach/AFP

Au Maroc, 3 066 cas de fraudes ont au total été recensés cette année durant les épreuves écrites du baccalauréat.

Alors que des fuites lors des épreuves du bac ont fait scandale la semaine dernière, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a annoncé samedi 13 juin l’arrestation de cinquante-sept personnes pour leur « implication dans des actes de fraude aux examens du Baccalauréat ».

Elles sont soupçonnées d’avoir « rédigé des réponses pour les candidats en contrepartie de sommes d’argent ». Ces réponses étaient le plus souvent sollicitées et transmises par téléphones portables, à l’aide de SMS et de messages sur Facebook, d’après la même source.

L’enquête a permis de repérer plusieurs pages et sites sur les réseaux sociaux utilisés dans la fuite des questions et réponses des épreuves, précise la DGSN, selon qui une importante quantité d’outils informatiques, de téléphones portables, de kits numériques et d’imprimantes a été saisie.

Plus de 3 000 cas de fraude

Dans un communiqué distinct, le ministère de l’Éducation a affirmé que plus de 3 000 cas de fraudes, 3 066 au total, avaient été recensés cette année durant les épreuves écrites de l’examen unifié du baccalauréat.

Il exprime « sa détermination à prendre toutes les mesures nécessaires à même de garantir la crédibilité des diplômes scolaires nationaux et la mise en oeuvre pratique des principes d’équité, de mérite et d’égalité des chances ».

L’épreuve de math se retrouve sur Facebook

Les cas de fraude ne sont pas inédits au Maroc. Mais la situation a viré cette année au scandale à la suite de fuites observées dans l’académie de Casablanca, la capitale économique, autour de l’épreuve de mathématiques pour les sections Sciences expérimentales et Sciences et technologies.

Selon le site Medias 24, deux pages de l’épreuve prévue mercredi 10 juin, au 2e jour du bac, ont été publiées la veille au soir sur une page Facebook dédiée. Face à la confusion et aux mouvements de contestation observés dans certains établissements, le ministère a été contraint de faire repasser cet examen spécifique le vendredi suivant.

Appel à la démission du ministre de l’Éducation

Des partis d’opposition ont réclamé la démission du ministre de l’éducation, Rachid Belmokhtar, tandis que le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a tapé du poing sur la table. Cette fuite constitue « une trahison envers la patrie », a-t-il lancé, jeudi dernier, en conseil de gouvernement.

Plus de 500 000 élèves ont passé l’examen du baccalauréat la semaine dernière au Maroc, un chiffre en hausse de près de 3%. Les résultats doivent être annoncés le 24 juin, avant les épreuves de rattrapage prévues début juillet.