Le Gabon émet avec succès un eurobond de 500 millions de dollars

L'eurobond du Gabon a attiré un carnet de commandes de 2,75 milliards de dollars. © Ricard Drew/AP/SIPA

Après que deux agences de notation ont, coup sur coup, dégradé la note souveraine du pays, le Gabon a réussi à émettre, mardi, un eurobond de 500 millions de dollars sur les marchés internationaux, mobilisant un carnet de commandes de 2,75 milliard de dollars. Explications.

Pour sa deuxième incursion sur les marchés internationaux en à peine 18 mois, le Gabon a émis avec succès un eurobond de 500 millions de dollars. L’opération, réalisée le 9 juin, consistait en l’émission d’obligations d’une maturité de 10 ans au taux de 6,95 %. Ce coupon est supérieur au taux d’intérêt de 6,625 % auquel l’Éthiopie et la Côte d’Ivoire ont pu en décembre 2014 et en février dernier émettre 1 milliard de dollars de dette sur les marchés internationaux. Il est même bien plus élevé que le taux d’intérêt du précédent eurobond du Gabon : en décembre 2013, Libreville avait pu lever 1,5 milliard de dollars au taux de 6,375 %.

Cette nouvelle incursion sur les marchés internationaux est néanmoins un succès et a suscité un fort intérêt auprès des investisseurs. La levée de fonds, pilotée par Deutsche Bank, JP Morgan et Standard Chartered, a attiré plus de 200 investisseurs et a mobilisé un carnet de commandes de 2,75 milliards de dollars, soit 5,5 fois le montant sollicité par le Gabon.

Bonne nouvelle

Pour le gouvernement gabonais, cette opération réussie est une bonne nouvelle. Elle intervient dans un contexte difficile : le net recul du cours du pétrole, qui représente environ la moitié des revenus de l’État gabonais et près de 80 % des recettes d’exportation du pays, a suscité de l’appréhension chez de nombreux observateurs, inquiets de ses conséquences sur les équilibres macroéconomiques du pays. Cette année, les agences de notation Standard & Poor’s et Fitch Ratings ont fait basculer la note souveraine du Gabon à « B+ », dans la catégorie des obligations dites « hautement spéculatives ».

Répondant à ces dégradations de la notation du pays, Régis Immongault, le ministre gabonais de l’Économie, de la Promotion des investissements et de la Prospective, avait insisté, dans les colonnes de Jeune Afrique, sur les réformes structurelles introduites par le Gabon – « l’un des premiers pays producteurs de pétrole à avoir réagi à la baisse des cours [du pétrole] » –  pour assurer la viabilité de ses finances publiques.

Interrogé par l’agence de presse américaine Bloomberg, à l’issue de l’émission du nouvel eurobond gabonais, Régis Immongault a indiqué que ces ressources sont destinées « à financer des projets dans les domaines de l’énergie, de l’adduction d’eau potable, de l’éducation et de la santé ».

Déficits

Selon la dernière édition du rapport Perspectives économiques en Afrique, le Gabon devrait une croissance de 4,6 % en 2015, en recul par rapport aux 5,1 % enregistrés l’an dernier. Le déficit budgétaire du pays devrait atteindre -13,2 % du PIB (contre un déficit de -6,6 % en 2014). La balance des comptes courant du pays, excédentaire en 2013 et en 2014 (+12,1 % et +6,7 % du PIB respectivement), devrait être déficitaire cette année : -8,1 % du PIB. Plus optimiste, dans sa note publiée en mai dernier, Fitch Ratings prévoit un déficit public de -3,5 % du PIB en 2015 et un déficit du compte courant à -3,7 % du PIB (contre un excédent de 1,1 % auparavant).

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