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Qui est Sélom Klassou, le nouveau Premier ministre togolais ?

Komi Sélom Klassou, Premier ministre togolais, a été nommé le 5 juin 2015. © republicoftogo.com

Après deux semaines de consultations, le chef de l'État togolais a nommé vendredi 5 juin un nouveau Premier ministre. Komi Sélom Klassou était jusque-là premier vice-président de l'Assemblée nationale.

Komi Sélom Klassou n’était pas du tout favori, du moins pour les médias. Mais il s’est imposé le 5 juin comme le premier chef du gouvernement du nouveau mandat de Faure Gnassingbé. Ce géographe, docteur en hydro-climatologie s’était toujours gardé d’afficher des ambitions personnelles, souhaitant toujours se rendre utile « à l’endroit voulu par président de la République ». Une des raisons de son succès, peut-être.

Car le natif de Notsè (préfecture du Haho), a coiffé au poteau des personnalités régulièrement citées, comme le désormais ex-Premier ministre Arthème Ahoomey-Zunu, le patron du parti au pouvoir George Aïdam, ou encore l’opposant Agbéyomé Kodjo. Lequel, visiblement satisfait du choix de Sélom Klasso, a estimé que ce dernier pouvait « traduire dans les faits, la vision du chef de l’État pour ce nouveau quinquennat ».

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Fidèle parmi les fidèles

À 55 ans, Sélom Klassou est un vieux routier de la politique, plusieurs fois ministre sous Eyadema et Faure Gnassingbé. Les médias ont toujours supputé (vraisemblablement à raison) une certaine proximité entre l’actuel chef de l’État et lui. Chose que l’intéressé n’a jamais confirmée… ou démentie.

Pourtant, quand il a été débarqué du gouvernement en 2007 au lendemain des législatives, nombreux sont ceux qui ont flairé la disgrâce. Le natif de la région des Plateaux – grand vivier d’électeurs de Faure Gnassingbé – ne s’est jamais plaint de sa place dans le système, lui qui occupait jusqu’ici le poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale.

L’homme a fait de la discrétion une marque de fabrique, n’apparaissant que très rarement lorsque la direction des débats au Parlement lui incombait. À ceux qui voient en lui l’incarnation de la ligne la plus radicale du régime, un député de la majorité répond que « Sélom Klassou n’a jamais manqué de respect à aucun de ses collègues, ceux de l’opposition compris ». De fait, la seule critique partagée par tous les détracteurs du nouveau locataire de la primature est qu’il serait un « homme du passé ».

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Premier ministre de mission

Mais être Premier ministre en ce début de quinquennat « ne se limitera pas à une simple collaboration entre deux hommes que tout rapproche », commente un ancien conseiller de la Primature. Car les défis sont nombreux, de la lutte contre la pauvreté à l’amorce des réformes politiques, en passant par l’apaisement du climat social.

Même s’il souhaite « poursuivre les réformes économiques et les investissements dans les infrastructures pour booster la croissance », et « relancer le chantier de la réconciliation », Sélom Klassou sait qu’il est attendu sur sa capacité à résoudre les conflits sociaux, plus susceptibles d’ébranler le pouvoir que les marches désormais clairsemées de l’opposition. Ministre des enseignements primaires et secondaires entre 2003 et 2007, « le nouveau Premier ministre n’est pas un novice des négociations difficiles avec les syndicats », assure Rodrique Fumey, le président de la Jeunesse du parti Unir (au pouvoir).

Reste que, entre 2007, l’année de sa sortie du gouvernement, et 2015, les acteurs politiques et sociaux ont changé. « Sélom Klassou est resté dans le jeu politique sans disposer des leviers nécessaires pour peser sur les choses », explique un opposant « modéré » qui souhaite que le Premier ministre démontre très rapidement sa capacité à gouverner face à certains « ministres puissants », comme Adji Ayassor (Finances), ou Gilbert Bawara (Administration territoriale). Son premier test est la formation du nouveau gouvernement attendu par les sept millions de Togolais mais aussi par les partenaires du pays.

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