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Lutte contre les épidémies : quel rôle pour le secteur privé ?

L'organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé les craintes : un nouveau cas d'Ebola a bien été détecté en Sierra Leone le 15 janvier. © Michael Duff/AP/SIPA

Le Boston Consulting Group vient de publier une étude sur le rôle joué par plus de 150 entreprises dans la riposte contre Ebola en Afrique de l'Ouest. Le rapport préconise d'optimiser le soutien apporté par le secteur privé, afin d'en faire un levier efficace dans la gestion des futures épidémies.

Dans un rapport publié le 5 juin, dans le cadre du World Economic Forum on Africa organisé au Cap (Afrique du Sud), le cabinet international de conseil en stratégie Boston Consulting Group analyse l’apport du secteur privé aux initiatives publiques dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola en Guinée, en Sierra Leone et au Liberia.

L’étude se concentre sur 200 initiatives « publiques-privées » répertoriées par les Nations Unies et le groupe d’entreprises privées The Ebola Private Sector Mobilization Group (EPSMG). Menacées économiquement par la perte d’activité causée par l’épidémie, plusieurs entreprises se sont imposées comme des acteurs de premier plan dans la gestion de la crise sanitaire.

>>>> Voir aussi – Ebola : la mobilisation des bailleurs de fonds s’accélère

Selon les statistiques fournies par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) et EPSMG, citées dans ce rapport, plus de 150 entreprises ont participé à la riposte contre l’épidémie depuis son déclenchement, au début de l’année 2014. Le soutien apporté par le secteur privé s’est traduit à 75 % par des financements et des dons de matériel. D’après les données de l’ONU rassemblées par le BCG, les entreprises commerciales auraient fait don de 100 à 200 millions de dollars pour lutter contre la maladie à des ONG qui répercutaient ces dons aux gouvernements. Une participation non-négligeable qui gagnerait néanmoins à être optimisée.

Partenariat public-privé

Le rôle des entreprises dans la gestion des risques liés aux épidémies ne doit pas se limiter à celui de donateur, estime le rapport qui cite en exemple les initiatives menées par le sidérurgiste ArcelorMittal, au Liberia, pour informer et sensibiliser les populations. Le groupe a également mis à contribution son matériel pour construire des centres de dépistages et de traitement du virus Ebola. À leur manière, des géants mondiaux tels que FedEx et Orange ont contribué à l’effort contre Ebola, relève le BCG, qu’il s’agisse du transport de palettes de médicaments ou dans la localisation des foyers infectieux à travers l’analyse des données mobiles.

« Les 100 à 200 millions de dollars de dons [des entreprises privées] doivent être multipliés 3 à 6 fois pour représenter la réalité de l’investissement des entreprises pour endiguer la maladie, explique dans un courriel Mathieu Lamiaux, directeur associé senior du BCG et co-auteur du rapport. Au-delà de l’argent, les acteurs privés ont surtout apporté une aide en termes d’expertise, de services rendus ou d’infrastructures mises à disposition à l’échelle locale. Une aide qui représenterait finalement 20 % de l’aide totale à Ebola ».

Le secteur privé jouit d’une large gamme d’atouts (expertise, capacités logistiques, liens avec les communautés locales) capables d’appuyer le travail du secteur public, ajoute le rapport de BCG. Mais bien souvent, les gouvernements et organismes d’interventions ne sont pas conscients du potentiel que représentent les partenariats avec le secteur privé local.

Insistant sur les apports d’un renforcement de la coopération entre les acteurs de ces deux secteurs, le rapport préconise la mise en place de mécanismes de collaborations préventifs dans les pays à risque. En optimisant ainsi leur capacité à se coordonner, les opérateurs augmentent leurs chances de résister économiquement en cas de crise sanitaire.

>>>>> Lire aussi – Ebola : le cri d’alarme de onze grands patrons africains

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