Roukiata Ouedraogo, la battante

Roukiata Ouedraogo, rentre d'une tournée africaine © D.R

Vent de révolution sur les planches parisiennes ? Tout porte à croire qu’en matière de stand-up, les femmes de la diaspora africaine prennent le pouvoir. Roukiata Ouédraogo a tout tenter avant de s’essayer enfin au théâtre à l’âge de 27 ans. Quatrième et dernier portrait de notre série sur le one-(wo)man-show à l’africaine.

Éducatrice dans des centres aérés, mannequin, danseuse, ou encore maquilleuse professionnelle. Roukiata Ouedraogo est passée par toutes ces étapes avant de comprendre que son domaine de prédilection était le théâtre. "Je ne me destinais pas à une carrière artistique. Quand le théâtre a croisé ma route, lors d’un stage au cours Florent en 2007, je n’envisageais pas de faire carrière. Aujourd’hui, près de dix ans plus tard, je dois dire que la route a été rude, il a fallu tout apprendre, tout créer."

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Et les résultats sont plus qu’encourageants. Elle présente sa première pièce, Yennenga, l’épopée des Mossé, à la fin de son année de formation au Cour Florent (où elle a été intégrée directement en 2e année). Ses professeurs la poussent à poursuivre l’aventure dès 2008, avec une première représentation au Théâtre de la Passerelle, à Paris, et le succès est au rendez-vous. Se découvrant une âme d’humoriste, la jeune Burkinabè se lance ensuite dans le one-woman-show avec Ouagadougou Pressé, spectacle en partie autobiographique qui parle d’immigration sur le ton de la drôlerie.

Après une récente tournée dans les instituts français d’Afrique de l’Ouest, le spectacle est actuellement joué, jusqu’au 6 juin, à Paris avant de partir en province. À 35 ans, Roukiata est aussi une artiste engagée, qui espère revenir un jour travailler au Burkina. Un pays dont elle a suivi avec passion la révolution menant à la chute de Blaise Compaoré. "Quand je regarde l’actualité récente de mon pays, je trouve qu’il y a de quoi croire en un avenir meilleur pour le continent. Les Burkinabè ont montré qu’ils étaient capables de prendre leur destin en main, et je suis fière de voire que de nombreux artistes ont accompagné ce mouvement."
 


extrait ouagadougou pressé – la fille en boite par jyce75

Claudia, la bonne vivante

Tatiana, la dame de fer

Selavie, la persévérante