Blaise Matuidi (PSG) : « Remporter quatre titres nationaux, c’est un vrai exploit »

Blaise Matuidi, le 7 mars 2015 au Parc de Princes © Franck Fife/AFP

À 28 ans, Blaise Matuidi est un des cadres du Paris-SG, avec qui il vient de remporter un quadruplé historique. Et le milieu de terrain d’origine angolo-congolaise fait également partie du noyau dur de l’Équipe de France, qui prépare l'Euro 2016.

Jeune Afrique : Le Paris-SG a gagné samedi 30 mai son quatrième trophée de la saison en venant difficilement à bout d’Auxerre. Que ressentez-vous après ce nouveau titre ?

Blaise Matuidi : C’est quelque chose de grand. Remporter quatre titres nationaux en une seule saison, c’est évidemment un vrai exploit. Je n’avais jamais remporté la Coupe de France, et cela m’a procuré une joie intense, car c’est une compétition un peu à part. Émotionnellement, c’est cependant le titre de champion qui est le plus fort, car c’est une compétition longue. Cette saison, tout n’a pas été simple pour nous. Il y a eu de la concurrence en championnat, nous avons essuyé des critiques individuelles et collectives qui n’étaient à mon sens pas toujours justifiées.

Parce qu’on attend toujours plus du PSG ?

Je ne sais pas. Mais parfois, c’était un peu excessif. Il y a eu des moments où l’équipe jouait moins bien, mais nos points forts, nos qualités, nous les connaissons. Et après la trêve hivernale, nous avons bien réagi. Laurent Blanc, notre entraîneur, a régulièrement été attaqué dans les médias. Je pense aussi à Cavani, qui a pourtant été si souvent décisif, notamment contre Auxerre en finale de la Coupe de France (1-0). On a réalisé une très belle saison. Oui, nous avons été éliminés en quart de finale de la Ligue des Champions, mais par Barcelone, le possible futur vainqueur.

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Le Paris-SG, qui pourrait recruter cet été quelques grands noms du football mondial, peut-il espérer rivaliser dans les deux ou trois ans avec les meilleures équipes européennes ?

Depuis quelques années, le club a changé de dimension. Les dirigeants font beaucoup d’investissements pour le rendre encore plus compétitif. Je crois qu’au niveau international, le PSG est de plus en plus crédible. L’objectif est de gagner la Ligue des Champions. Voyez le Real Madrid, Barcelone ou le Bayern Munich : ce sont des équipes qui sont très régulières au plus haut niveau depuis des années et des années. Leur présence en demi-finales de la Ligue des Champions presque tous les ans en est la conséquence. C’est quelque chose que Paris a l’ambition de faire.

La saison qui s’annonce promet d’être très intense, notamment avec l’Euro 2016 en France…

Oui, en club comme en sélection, il va y avoir de très belles choses à disputer, et à gagner. Cela fait des années que je travaille beaucoup pour arriver à ce niveau. J’ai hâte que débute l’Euro 2016, car l’Équipe de France va jouer chez elle, avec évidemment beaucoup d’ambition.

Les sélections africaines ont prouvé qu’elles étaient capables de poser des problèmes aux meilleures du monde.

Votre père est angolais, votre mère congolaise (RDC). Quels sont vos liens avec l’Afrique ?

Ils sont très forts. Je suis allé à Luanda il y a deux ou trois ans. J’ai encore pas mal de famille là-bas, comme j’en ai à Kinshasa. Ce sont mes origines, et j’en suis très fier. Je parle plutôt bien le lingala, et en attendant qu’ils grandissent un peu, j’initie un peu mes enfants aux danses africaines. Et à chaque fois que je vais chez mes parents, qui vivent à Paris, j’en profite pour manger angolais ou congolais. Je suis très attaché à mes racines.

Vous auriez pu jouer pour l’Angola…

C’est vrai. La question s’est posée, mais j’ai vite choisi la France. J’y suis né, j’y ai grandi, et cela me paraissait logique. Mes parents ont d’ailleurs très bien accepté ma décision de jouer pour les Bleus. Mais cela ne m’empêche pas de suivre de très près les résultats de la RDC et de l’Angola .Et le football africain en général. Il est exact que lors des dernières Coupes du monde, il n’a pas vraiment brillé. Cela est lié en partie au manque de moyens, à la différence de niveau entre les championnats africains et européens, car tous les internationaux n’évoluent pas en Europe. Mais les sélections africaines ont prouvé qu’elles étaient capables de poser des problèmes aux meilleures du monde…