Attentat du Bardo en Tunisie : doutes sur l’implication du suspect marocain arrêté en Italie

L'attentat du musée du Bardo, à Tunis, le 18 mars 2015, a fait 22 morts. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Un nouveau suspect a été appréhendé mercredi à Gaggiano, en Italie, dans le cadre de l'affaire de l’attentat du Bardo. Mais les premiers éléments laissent à penser qu'il s'agit d'une fausse piste.

L’arrestation d’un homme dans le nord de l’Italie, mercredi 20 mai, pour complicité présumée dans l’attentat du Bardo, a fait grand bruit. Abdel Majid Touil, jeune Marocain de 22 ans surnommé Majid, est soupçonné par les autorités tunisiennes d’avoir aidé deux des terroristes lors de l’attentat du musée du Bardo, qui a fait 22 morts le 18 mars à Tunis. Il a été arrêté par la police italienne à Gaggiano, dans la région de Milan, où il avait rejoint clandestinement sa famille, le 17 février dernier, selon les autorités italiennes. Soit un mois avant l’attaque de Tunis.

Et selon les premiers éléments de l’enquête, le jeune homme était bien présent dans la région à l’époque de l’attentat. Le maire de Trezzano, une petite ville proche de Milan a fourni des documents signés par le suspect et datés des 16 et 19 mars. Le nom de Touil figure même parmi une liste de personnes qui suivaient le 18 mars des cours d’italien destinés aux étrangers.

Affaire close ?

Bref, pour les autorités italiennes, l’affaire semble presque close. Tout au plus cherchent-elles à vérifier qu’Abdel Majid Touil n’était pas en contact avec des extrémistes religieux. Mais la Tunisie n’en démord pas. Touil reste soupçonné d’avoir accompagné les deux tueurs, Yassine Laabidi et Jabeur Khachnaoui, ainsi qu’un dénommé Othman, de la place Pasteur – au centre de Tunis – jusqu’au Bardo, le 18 mars. Il aurait également assisté à une réunion de la cellule terroriste responsable de l’attentat, celle où les kalashnikovs auraient été commandées.

>> Lire aussi : "Tunisie : Yassine, un ‘bon vivant" devenu un assassin au Bardo"

En Italie, malgré les avancées de l’enquête, certains partis politiques se sont emparés de l’affaire. La Ligue du Nord, parti d’extrême droite, exige la fermeture des frontières tandis que le groupe de gauche Cinque Stelle réclame la démission d’Angelino Alfano, le ministre italien de l’Intérieur, pour avoir arrêté un innocent. Le président du Conseil, Matteo Renzi, rejette pour sa part les critiques, assenant qu’il vaut mieux arrêter momentanément un suspect que de dire "on ne savait pas" après un drame.

>> Lire aussi : "Assassinat au musée du Bardo : la Tunisie sous le choc"