« Princess of North Sudan » : Disney accusé de glorifier le colonialisme

Par Jeune Afrique

Jermiah Heaton pose son drapeau à Bir Tawil en juillet 2014. © Jeremiah Heaton/Facebook

Le prochain Disney, encore dans les cartons, s'appuie sur l'histoire vraie d'un Américain venu planter l'étendard familial dans le nord du Soudan pour faire de sa fille une "princesse"... Au mépris du respect des droits des Africains.

Le monde merveilleux de Disney s’arrange souvent avec la réalité. Mais il y a des sujets plus sensibles que les contes de fées. Et à en croire l’accueil très hostile que reçoit sur les réseaux sociaux leur dernier projet de film d’animation, "Princess of North Sudan", les studios de Burbank (Californie) pourraient l’apprendre à leurs dépends.

Le synopsis s’inspire d’une histoire familiale vraie : celle d’un père de famille américain, Jeremiah Heaton, révélait The Hollywood Reporter, en juin dernier. L’histoire commence lorsque sa fille lui demande si elle sera un jour une princesse. "La seule réponse que j’ai pu donner à ma petite fille, c’était ‘Mais oui, bien sûr que tu seras un jour une princesse’" (sic).

Jeremiah Heaton n’en reste pas là, et décide alors de traverser l’Atlantique pour se rendre à Bir Tawil, territoire niché entre L’Égypte et le Soudan et ignoré par les deux pays. Arrivé sur place, l’Américain y plante son drapeau en juillet 2014, et se déclare roi de ce qu’il nomme Soudan du nord, pensant ainsi faire de sa fille une princesse. Voilà pour l’histoire.

La première princesse africaine de Disney sera donc blanche ?

Mais depuis quelques jours, le projet de film cristallise les réactions indignées. Déjà très critiqué pour son absence de mixité – les dessins animés de Disney ne comptent qu’une seule héroïne noire, Tiana dans "La Princesse et la grenouille"-, le studio s’apprête pour la première fois à raconter l’histoire d’une princesse africaine, qui sera donc blanche. Une incongruité largement commentée :

"Ok, donc la première princesse africaine d’un film Disney est blanche et vient de Virginie, aux États-Unis."

"C’est la première princesse Africaine et ils la veulent blanche. Je viens du nord du Soudan, et la dernière fois que j’ai vérifié, je n’étais pas blanche."

Une glorification de la colonisation ?

La présence d’une princesse blanche en Afrique n’est pas l’unique problème soulevé. Comme le souligne Slate, le scénario s’appuie en réalité sur l’histoire d’un territoire colonisé. Ce père de famille "n’a cure ni de l’Union africaine ni des populations qui, bien plus légitimement, auraient pu prétendre à disposer du territoire", souligne la journaliste du pure player français.

Et là encore, les réactions agacées n’ont pas manqué :

""Princess of North Sudan" est lentement en train de se transformer en une histoire de blancs qui justifient la colonisation sous couvert d’amour paternel. Excusez-vous".

"Sérieusement, Disney est irresponsable de romancer le colonialisme"

Face au tollé provoqué, le scénariste a bien tenté de s’expliquer. Sur Twitter, Stephany Folsom a assuré que l’histoire ne serait pas comptée de la façon décriée. Sans grand succès : le tweet du scénariste a rapidement été noyé par de nombreux commentaires exigeant l’arrêt du projet.

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