Sous pavillon marocain, Banque Atlantique investit sur tous les fronts

Agence de la Banque Atlantique en Côte d'Ivoire, à Abidjan. © Nabil Zorkot pour J.A

La greffe de 2012 avec Banque populaire a pris. En forte progression, le groupe panafricain se diversifie, misant aussi bien sur les infrastructures que sur la microfinance.

Pour doper ses activités dans la sous-région ouest-africaine, le groupe Banque Atlantique, filiale commune du marocain Banque populaire et de l’ivoirien Atlantic Financial Group (AFG) opère une vaste réforme organisationnelle et opérationnelle. Sa direction a d’ores et déjà été renforcée avec l’arrivée de deux Marocains, Bachir Benchmade et Essaid Zirari, respectivement directeur général adjoint et inspecteur général, alors que l’Ivoirien Souleymane Diarrassouba est resté directeur général. Un département chargé du développement a été créé et sera dirigé par Niamé Traoré, l’ex-directeur général de Banque Atlantique au Mali. Et un autre pôle, chargé de la gestion globale des risques, sera confié à Guy Martial Awona, l’ancien patron de la Banque Atlantique du Togo. Un vent de changement qui s’étend également aux filiales de Banque Atlantique au Burkina Faso, au Mali, au Togo et au Bénin, avec un mouvement de rotation de ses directeurs et la suppression des fonctions de secrétaires généraux.

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Consolidation

Atlantic Business International (ABI), holding constitué en 2012 après la prise de contrôle du réseau Banque Atlantique (Sénégal, Mali, Niger, Bénin, Togo, Côte d’Ivoire et Burkina Faso) par le groupe Banque populaire – celui-ci en détient aujourd’hui 65 %, et AFG 35 % -, poursuit sa politique de consolidation. L’arrivée des Marocains a permis au groupe d’améliorer ses performances comptables. Résultat, ABI ne s’est jamais porté aussi bien qu’en 2014. Son bilan total s’est chiffré à plus à 4,4 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) soit une progression de 31 % par rapport à 2013. Le coefficient d’exploitation montre une amélioration de l’efficacité opérationnelle, en s’établissant à 60,9 %, soit une baisse de 6,3 %. Quant au résultat net, il a atteint 47,7 millions de dollars, en hausse de 59 %.

« La venue des Marocains a été salutaire puisqu’elle a permis une bonne maîtrise des risques opérationnels. L’injection de milliards de dirhams dans les fonds propres a également consolidé les fondamentaux », explique une source interne. Les fonds propres d’ABI sont aujourd’hui estimés à plus de 331 millions de dollars. Dans le même temps, le groupe Banque Atlantique a poursuivi sa conquête commerciale avec une progression de l’activité d’intermédiation, aussi bien en collecte avec des dépôts à 2,6 milliards de dollars, en progression de 29 %, que dans l’octroi des crédits à la clientèle, qui a atteint 2,4 milliards de dollars, en hausse de 21 %. Dans les pays où sont implantées ses filiales, le groupe Banque Atlantique s’est spécialisé dans le financement de l’économie locale et des investissements dans les infrastructures. Au Togo, 161,1 millions de dollars ont été consacrés à la construction d’infrastructures routières. En Côte d’Ivoire, sur une enveloppe globale de 226 millions de dollars, environ 55 % ont déjà été décaissés pour la construction d’établissements scolaires.

La Banque Atlantique de Côte d’Ivoire (BACI) a elle mis en place deux prêts, d’un montant global de 157 millions de dollars, pour le renforcement des équipements pétroliers d’exploration. Au Niger, le groupe bancaire s’est investi dans le domaine des télécommunications et de la 3G en débloquant 40 millions de dollars, alors qu’au Mali il s’est surtout engagé dans le secteur du coton, apportant une contribution de plus de 100 millions de dollars pour que le gouvernement puisse boucler son budget. Le Sénégal a de son côté bénéficié de 41,1 millions de dollars pour financer la production de visas biométriques, tandis qu’au Bénin le groupe a sponsorisé le renouvellement des licences de téléphonie mobile.

Dans son coeur de métier, Banque Atlantique s’est montré innovant, diversifiant ses produits et ses services pour faire face à une concurrence acharnée dans la zone de l’UEMOA. En 2014, il a développé le concept de « banque unique », expérimenté par la BACI, qui permet d’effectuer des versements sur n’importe quel compte au sein de son réseau, quel que soit le pays. Et les offres développées courant 2013 en Côte d’Ivoire et au Sénégal, sous forme de packs pour les particuliers comme pour les entreprises, ont été étendues aux autres filiales.

Premier

Ces derniers mois, grâce à sa prise de participation dans quatre compagnies d’assurances – deux en Côte d’Ivoire et deux au Togo -, le holding ABI est devenu le premier groupe financier de la région. La prochaine étape consiste à s’implanter dans le secteur de la microfinance, avec sa branche spécialisée Atlantic Microfinance For Africa (Amifa), qui attend l’agrément de la BCEAO. Celle-ci prévoit de démarrer ses activités en Côte d’Ivoire et au Mali avant la fin du premier semestre 2015.

Enfin, le groupe a lancé depuis le mois d’avril une nouvelle filiale, Atlantic Asset Management (AAM), avec deux fonds communs de placement, Atlantic croissance (fonds mixte) et Atlantic sécurité (fonds obligataire). Ainsi, le groupe Banque Atlantique poursuit sa politique d’expansion en Afrique subsaharienne. Pendant qu’au Maroc, il promet d’être le principal relais de croissance de Banque populaire au sein de son nouveau plan stratégique « Élan 2020 », dont l’élaboration vient d’être confiée au cabinet McKinsey. 

Par Baudelaire Mieu, à Abidjan

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