Bientôt une usine marocaine pour PSA Peugeot Citroën

Chaîne de montage de la 301, un modèle que le constructeur vend déjà au Maroc. © Victor Cameselle/PSA

Selon l'agence "Bloomberg", non démentie par PSA Peugeot Citroën, ce dernier prévoit d'ouvrir une usine au Maroc d'une capacité inférieure à 100 000 véhicules par an. Probablement à Tanger.

Le français PSA Peugeot Citroën prévoit de construire une usine automobile au Maroc, selon deux sources proches du dossier qui se sont confiées à l’agence Bloomberg, non-démenties par le groupe automobile. La future usine serait d’une capacité inférieure à 100 000 véhicules par an, soit deux fois moins que la production actuelle de celle son rival Renault à Tanger, qui a démarré en 2012, et qui doit en fabriquer à terme 400 000 par an.

Le projet prévoit pour l’instant l’industrialisation des véhicules Peugeot des segments B et C, celui de la 208 et de la 308, pour le marché du Maghreb. Le lieu d’implantation de l’usine n’est pour l’instant pas connu, même si la zone de Tanger, bénéficiant d’un tissu industriel et de capacités logistiques importantes, est dans tous les esprits.

Excellente nouvelle

Pour le royaume chérifien, qui a fait du développement de l’industrie automobile un des piliers de son plan de développement économique, cette seconde implantation d’un grand groupe sur son territoire, attendue depuis plusieurs années, est une excellente nouvelle.

L’industrie automobile, recourant à une palette très large de sous-traitants, pourvoyeuse d’emplois de long terme, est fortement structurante. Après l’installation de Renault, d’autres groupes – Toyota et Volkswagen notamment – avaient déjà envoyé des équipes au Maroc pour y envisager une implantation industrielle, mais aucun des ces projets n’a encore été concrétisé.

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Retour en force

Après s’être montré longtemps hésitant pour des projets industriels en Afrique, PSA Peugeot Citroën veut revenir en force sur le continent, et particulièrement au Maghreb, où il est dans le trio de tête des marques les plus vendues. « L’Afrique est l’un des plus beaux potentiels de croissance avec l’Asie du Sud-Est. Nous n’avons peut-être pas prêté toute l’attention nécessaire à ces marchés », reconnaissait fin mars 2015 Jean-Christophe Quémard, le nouveau patron de la zone Afrique-Moyen-Orient dans une interview au journal français Les Echos. Le groupe s’est aussi lancé dans un projet industriel d’assemblage automobile au Nigeria, plus modeste, de 1 000 véhicules par an, des Peugeot 301.

Depuis un an, la région Afrique-Moyen-Orient fait l’objet de toutes les attentions de sa direction générale, présidée par Carlos Tavares, un ancien de Renault qui connaît bien la zone. Elle bénéficie à ce titre d’une direction dédiée et représentée au comité exécutif. Jean-Christophe Quémard avait confirmé peu après sa prise de fonction en 2014 un projet d’implantation en Afrique du Nord pour alimenter le marché local. Il n’avait pas exclu que Dongfeng, l’actionnaire chinois de PSA, très peu présent en Afrique, participe au financement. D’après l’agence Bloomberg, le projet pourrait être officialisé dès juin.