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Farid Fezoua veut fédérer pour mieux soigner

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Né à Corbeil-Essonnes, Farid-Fezoua a rejoint General Electric en 2003. © DR

Farid Fezoua est le nouveau patron Afrique de GE Healthcare. Le leader mondial de l'imagerie médicale veut mobiliser les investisseurs pour équiper notamment le sud du Sahara.

À ceux qui s’étonneraient de son passage du secteur financier à celui de l’équipement en matériel médical, sa réponse est nette. « Mon expertise financière, dans le cadre du financement de projets d’infrastructures au sein de GE [General Electric, NDLR], me permet d’apporter des solutions à fort impact social dans des zones de la planète qui en sont cruellement dépourvues », souligne Farid Fezoua. En Afrique, il s’agit de « pouvoir identifier les problèmes et travailler à travers des partenariats développés avec des grands groupes hospitaliers ou des opérateurs médicaux et des investisseurs financiers privés ou multilatéraux tels que la Banque mondiale et la SFI [Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale] », explique-t-il, fort de relations bancaires et institutionnelles nouées au Moyen-Orient et en Afrique ces vingt dernières années.

Installé à Johannesburg avec sa famille depuis six mois – après plusieurs années à Dubaï -, ce quadragénaire quadrilingue (français, anglais, arabe et russe) est désormais responsable de la stratégie et de la croissance commerciale de GE Healthcare en Afrique. Son objectif ? Fédérer. « Il ne s’agit pas seulement de déployer des solutions technologiques, mais aussi de rassembler des partenaires afin de proposer un début de solution durable pour l’Afrique. C’est comme ça que j’envisage mon rôle », explique ce Français d’origine algérienne. « Par chance, depuis près de trois ans, nous assistons à un engouement des investisseurs vis-à-vis de l’Afrique », ajoute-t-il.

Profil

– Né à Corbeil-Essonnes (France) en 1966
– Diplômé des hautes études internationales de l’Inalco en 1990
– Treize ans de carrière dans le secteur bancaire (BCEN-Eurobank, Banque arabe et internationale d’investissement, Arab Banking Corporation)
– Rejoint General Electric en 2003
– Nommé PDG de GE Healthcare Africa le 15 juin 2012

Au Maghreb, sur fond d’explosion des maladies chroniques, sa priorité est de « continuer à équiper les hôpitaux publics et privés et les centres de diagnostic en équipements technologiques de pointe ». « Nous devons apporter notre expertise en matière d’oncologie aux pays d’Afrique du Nord qui nous le demandent, pour les aider à concevoir leur plan de lutte contre le cancer », poursuit-il. Au sud du Sahara, alors que dominent toujours les maladies infectieuses, l’urgence porte sur l’accès primaire aux soins en zone rurale. « Il faut travailler avec des opérateurs publics et privés pour mettre en place des solutions technologiques spécifiques et durables, qui permettent de diagnostiquer très tôt », affirme Farid Fezoua. Le Vscan en est une illustration. Cet échographe « a toutes les fonctionnalités classiques d’un scanner mais tient dans la paume d’une main, avec neuf heures d’autonomie ».

Plateformes

GE Healthcare, dont le chiffre d’affaires mondial s’élève à plus de 12 milliards d’euros, est l’une des activités phares de GE et compte désormais quatre implantations sur le continent : en Afrique du Sud (depuis la fin des années 1980), en Égypte, en Algérie et au Nigeria. Outre ces quatre plateformes, l’activité de la branche est assurée à travers un réseau de distributeurs locaux dans 35 pays d’Afrique. Aujourd’hui, le groupe américain affiche sa volonté de se développer davantage sur le continent, où il compte plus de 2 500 employés toutes activités confondues. « Au fil des ans, il y a eu une implantation plus importante en Afrique du Nord, mais, depuis environ trois ans, nous avons fait le choix d’augmenter nos investissements en Afrique subsaharienne », explique Farid Fezoua.

Côté résultats, le patron préfère ne pas communiquer. « GE ne donne pas de chiffres pour ses entités », dit-il, se contentant d’indiquer que le groupe a déployé plus de 25 000 produits dans des centres médicaux et qu’il a connu une croissance à deux chiffres en Afrique ces trois dernières années. Reste qu’il prévoit d’accroître sa présence au Nigeria et de s’implanter en Angola et en Libye, du fait de l’importance de leurs ressources naturelles, de leur retard en termes d’infrastructures sanitaires et de leur volonté d’investir dans leur système de santé.

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