Football : retour sur près de 50 ans de violences dans les stades africains

Les émeutes du stade de Port-Saïd ont fait 74 morts en 2012.. © AP/SIPA

Avec la condamnation à mort le 19 avril de onze supporters égyptiens lors d'un nouveau procès des émeutes de 2012 à Port-Saïd, la violence dans les stades s'est rappelée au (mauvais) souvenir des amateurs de football. Retour sur près de 50 ans de drames.

Le 19 avril, onze supporters ont été condamnés à la peine capitale en Égypte. Ils étaient jugés pour leur participation présumée, en février 2012, à des émeutes meurtrières à l’issue d’un match de Première Ligue remporté par le club de Port-Saïd, Al-Masry, contre les stars cairotes d’Al-Ahly. Des violences qui avaient fait 74 morts, et qui en rappellent d’autres.

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Accra, Abidjan, Lubumbashi, Tizi Ouzou… : les violences endeuillent trop souvent les stades africains. Les causes principales de ces drames sont la vétusté des stades, une organisation défectueuse, un nombre de spectateurs trop important, des mouvements de foules consécutifs à des affrontements entre supporters ou avec des forces de l’ordre mal formées pour réagir à ce type de situation. Voici une liste non exhaustive des événements les plus meurtriers survenus ces 50 dernières années dans les stades africains.

Bukavu, RDC – 25 décembre 1969

Plusieurs mouvements de foule entraînent la mort de 27 personnes, tandis que 52 autre sont blessées. C’est le premier drame d’envergure dans un stade en Afrique.

Le Caire, Égypte – 17 février 1974

Le stade Helmi Zamora. © Creative Commons

Le stade Helmi Zamora au Caire, à l’occasion d’un match amical entre le club local, le Zamaleke Sporting Club, et le Dukla Prague, est surchargé en ce mois de février 1974 : 40 000 personnes y prennent place alors que la capacité maximale est de 25 000 places. Des mouvements de foule encore… Bilan : 49 morts et 47 blessés.

Lusaka, Zambie – 16 juin 1996


L’équipe de la Zambie en 1993. © D.R.

Au terme du match Zambie – Soudan comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 1998, une bousculade a lieu à la sortie du stade l’Indépendance. En tout, 9 spectateurs trouvent la mort et 52 sont blessés. Un drame qui survient trois ans après que l’équipe nationale zambienne a été décimée dans le crash du vol 319 de la Zambian Air Force, le 27 avril 1993.

Harara, Zimbabwe – 9 juillet 2000

Incidents entre supporters et forces de l’ordre au cours d’un match au National Sports Stadium entre le Zimbabwe et l’Afrique du sud, comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2002 : 13 morts et plusieurs dizaines de blessés.

Johannesburg, Afrique du Sud – 11 avril 2001

Jour sombre pour l’Afrique du Sud, ce 11 avril 2001 : 43 spectateurs trouvent la mort dans une gigantesque bousculade au stade d’Ellis Park à Johannesburg au cours d’un match de championnat entre les Orlando Pirates et les Kaizer Chiefs. Des milliers de personnes sans billet forcent l’entrée du stade déjà plein. Aujourd’hui encore, le "derby de Soweto" est marqué par de fortes tensions entre entre les supporters des deux principaux clubs d’Afrique du Sud.

Accra, Ghana – 10 mai 2001

La fin du match entre Hearts of Oaks et l’Asante Kotoko de Kumasi vire au drame à à Accra : 126 morts après que des supporters de la seconde ville du pays, mécontents de la défaite de leur équipe, ont jeté des projectiles et cassé des sièges. La police tire alors des grenades lacrymogènes. Voulant s’enfuir, les spectateurs trouvent les portes fermées. La bousculade est mortelle.

Butembo, RDC – 14 septembre 2008

Même un simple tournoi amical peut tourner au drame. Ce jour-là au Stade Matoko de Butembo (Nord-Kivu), deux équipes locales s’affrontent, Nyuki et Sokozaki. Une bagarre entre joueurs éclate. Une partie des supporters commence à jeter des pierres sur l’aire de jeu et sur les policiers. Ces derniers réagissent en lançant des bombes lacrymogènes. Une énorme panique se manifeste dans le public qui se précipite vers les portes de sorties. La bousculade fait 11 morts et plusieurs blessés.
 

Abidjan, Côte d’Ivoire – 29 mars 2009

Une nouvelle bousculade fait 19 morts et 135 blessés après que des spectateurs mécontents de ne pas avoir pu entrer dans le stade avant le coup d’envoi ont fait céder un portail d’accès à une tribune lors d’une rencontre entre la Côte d’Ivoire et le Malawi.

Tizi Ouzou, Algérie – 23 août 2014

La mort de l’attaquant camerounais de la JS Kabylie, Albert Ebossé, touché par un projectile lancé des tribunes, est le révélateur tragique d’une violence ordinaire qui gangrène depuis des années le football algérien.

Albert Ebossé, joueur camerounais de la JS Kabylie. © D.R.

Kinshasa, RDC – 11 mai 2014

La rencontre disputée au stade Tata Raphaël, ce 11 mai 2014, opposait l’AS V. Club, équipe très populaire de Kinshasa, au Tout Puissant Mazembe, club de Lubumbashi (sud-est) plusieurs fois champion d’Afrique, pour la dernière journée du championnat de football national de première division (Linafoot). Elle se termine dans le sang après des émeutes : 15 personnes décèdent. Le gouvernement accuse les supporters d’en être en partie responsables du drame.

Lumumbashi, RDC, 23 novembre 2014

Lors du match de la 6e journée du championnat national de football entre Lupopo et Sanga Balende (0-1), les supporters des deux clubs se jettent des projectiles dans les gradins avant que la police n’intervienne à coups de gaz lacrymogènes. Deux spectateurs sont tués.

© Capture d’écran YouTube