Togo : la campagne pour la présidentielle s’est achevée dans le calme

Faure Gnassingbé (g.) et Jean-Pierre Fabre sont les favoris de la présidentielle. © Montage / D.R.

La campagne officielle pour l’élection présidentielle au Togo a pris fin jeudi soir après une série de grands rassemblements organisés par les différents candidats. Le président sortant Faure Gnassingbé et son principal rival Jean-Pierre Fabre ont choisi de clôturer leurs marathons de séduction à Lomé, la capitale. 

Lancée le 10 avril, la campagne officielle pour la présidentielle togolaise s’est achevée jeudi 23 avril à minuit. Deux semaines durant, la vie des administrations du pays s’est (presque) arrêtée au gré des déplacements et meetings des cinq candidats en lice pour le scrutin du 25 avril.

À mettre à l’actif de la classe politique, le climat de quiétude qui a régné tout au long de cette période, autrefois très sensible dans le pays. Aucun incident majeur n’a été signalé et les rencontres des convois des rivaux ont plutôt donné lieu à des réjouissances collectives. 

Bonne ambiance en militants du parti au pouvoir ( en bleu blanc) et de l’opposition (en orange). © D.R.

Jean-Pierre Fabre à la rencontre des Togolais

Porté par une coalition de partis politiques de l’opposition dénommée Combat pour l’alternance pacifique au Togo (CAP 2015), le leader de l’Alliance nationale pour le changement (ANC) a conclu jeudi soir à Lomé par un grand meeting un marathon électoral entamé deux semaines plus tôt à Mandouri (extrême nord). Entre temps, il a parcouru un maximum de localités au milieu d’un imposant cortège de voitures et surtout de motos. La vague orange – couleur de l’ANC – a ainsi déferlé de jour comme de nuit même sur des hameaux reculés, avec un Jean-Pierre Fabre convaicu de sa victoire au soir du 25 avril.

Le principal rival du président sortant a pu également compter sur la verve oratoire de ses alliés, comme Madame Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson ou encore le professeur Komi Wolou, très présents dans les médias pour faire passer le message de l’alternance pacifique.

Sur les réseaux sociaux, la candidature de Jean-Pierre Fabre a également été soutenue par de nombreux soutiens, personnalités connues, activistes ou simples anonymes. 

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Faure Gnassingbé, une campagne à l’américaine 

Sans directeur (officiel) de campagne, le président sortant a quant à lui été accompagné par une puissante machine rodée à l’exercice. Et c’est ainsi qu’il a, par exemple, remporté le match des affiches par K.O.

À l’intérieur du pays, Faure Gnassingbé a fait une campagne classique, mais à Lomé, qui vote traditionnellement pour l’opposition, les équipes du chef de l’État sortant ont rivalisé d’imagination pour séduire les indécis. Ainsi, des "maisons bleues"- référence à la couleur du parti au pouvoir –  ont été ouvertes dans plusieurs quartiers dont ceux de Baguida et Bè, fiefs historiques des contestations électorales.

Au-delà des manifestations du parti au pouvoir, un concept baptisé "MIABE FAURE" ("notre Faure", en mina, langue nationale du pays) a été lancé pour inciter les Togolais à s’approprier le message du président sortant.

Enfin, des dizaines de volontaires ont fait du porte-à-porte au sein du Mouvement Chaque voix compte (CVC) pour sensibiliser les électeurs sur l’importance de voter (Faure) et sur la méthodologie du scrutin.

La "maison bleue" de Baguida. © D.R.

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Quelques à-côtés

De petits incidents sont néanmoins venus rappeler le contexte un peu tendu dans lequel s’est déroulé la campagne. Ainsi, Abbas Kaboua, un ex-allié de l’opposant Jean-Pierre Fabre, a été pris à partie par un cortège de partisans du chef de l’opposition. Le pire a été évité grâce à l’intervention des forces de l’ordre.

Le 17 avril, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a également censuré un message de campagne de Jean-Pierre Fabre qui est revenu sur l’affaire – dans laquelle il est inculpé – de l’incendie criminel de deux marchés en janvier 2013. Une décision qui a provoqué le mécontentement de la coalition CAP 2015.

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