La BCEAO sort du capital de la Banque de développement du Mali

Par Jeune Afrique

La Banque de développement du Mali est numéro un sur son marché national. DR ©

Une Assemblée générale de la banque malienne BDM, organisée le 11 avril, a entériné la sortie de la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest de son capital. Un nouveau pacte d'actionnaires a été présenté dans la foulée.

La Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest a cédé les 15,96 % qu’elle détenait dans le capital de la Banque de développement du Mali. La cession a été entérinée au cours d’une Assemblée générale extraordinaire organisée le 11 avril. Ces actions, divisées en blocs d’environ 5 %, ont été acquises par la banque marocaine BMCE Bank, l’État du Mali et un groupe d’actionnaires privés maliens. Suite à cette opération, dont le montant n’a pas été rendu public, BMCE Bank porte sa participation de 27,38 % à près de 32,4 %, tandis que celle de l’État malien s’accroît à plus de 24,58 %.

Pacte

« Suite à la sortie de la BCEAO, un nouveau pacte d’actionnaires a été signé par BMCE Bank, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) – qui détient 15,96 % de la BDM – et l’État malien”, explique à Jeune Afrique Mohammed Agoumi, directeur général délégué chargé de la coordination internationale du groupe marocain. Selon les termes de ce pacte, explique le banquier marocain, BMCE Bank a réitéré son engagement à ne pas franchir le seuil de la minorité de blocage (un peu plus d’un tiers du capital) et réaffirmé la place de l’État malien dans la conduite de BDM. « L’État impulse la stratégie de la banque, avec l’appui de BMCE Bank et de la BOAD, rappelle Mohammed Agoumi. Cela n’a pas changé ».

La gouvernance de la Banque va elle, en revanche, être modifiée : les postes de président et de directeur général vont être séparés et une nouvelle répartition du nombre d’administrateurs a été prévue. Ces réformes, qui doivent être entérinées à la fin de ce mois, prévoient la désignation par l’État malien du président du conseil d’administration, du directeur général et d’un directeur général adjoint (DGA) de la BDM. Le second DGA est désigné lui par BMCE BAnk.

Selon le nouveau mode de désignation des administrateurs, l’État malien peut en nommer 3 de plein droit, tandis que les autres actionnaires pourront en désigner un par tranche de 10 % du capital détenu.

En 2013, la BDM, numéro un du marché malien, a réalisé un produit net bancaire de 26,4 milliards de F CFA, pour un bénéfice de 10,06 milliards de F CFA.