Côte d’Ivoire : personne ne sera plus transféré à la CPI, selon Ouattara

Par Jeune Afrique

Alassane Ouattara ne veut plus de procès devant la justice internationale © Issouf Sanogo / AFP

Les suspects des crimes commis lors de la crise postélectorale de 2010-2011 en Côte d’Ivoire seront jugés dans le pays, a annoncé dimanche le président Ouattara. Qui se refuse à tout nouveau transfèrement devant la Cour pénale internationale (CPI).

"Personne n’ira à la CPI, nous jugerons toutes les personnes ici en Côte d’Ivoire", a martelé Alassane Ouattara, dimanche 12 mars, lors d’une rencontre avec des victimes de la crise postélectorale ivoirienne. Et d’annoncer sur un ton martial : "Nous n’allons épargner personne (. . . ) où que ce soit sur le territoire national".

Tout en invitant les pro-Gbagbo à demander "pardon", le chef de l’État a réfuté toute partialité dans le traitement des responsables de violences. "J’entends ici et là, la justice des vainqueurs, est-ce qu’on a déjà vu une justice des vaincus ?", a-t-il feint de s’interroger.

Pourtant, depuis la fin de la crise postélectorale, les personnes inculpées par la justice ivoirienne sont principalement des partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo. Considérée comme une protagoniste majeure de la crise, l’ex-Première dame Simone Gbagbo a été récemment condamnée à Abidjan à 20 ans de prison. Elle est également poursuivie pour "crimes contre l’humanité" par la Cour pénale internationale mais Abidjan refuse de la transférer à la Haye, où sont incarcerés déja Laurent Gbagbo et l’ancien Leader de la jeunesse "patriotique", Charles Blé Goudé.

Pas de pardon, pas d’amnistie

Pour Ouattara, il est nécessaire que les pro-Gbagbo demande pardon  aux Ivoiriens et aux victimes pour ce qu’ils ont fait. "S’ils ne demandent pas pardon aux Ivoiriens et aux victimes pour ce qu’ils ont fait, il n’y aura pas de grâce (présidentielle), il n’y aura pas d’amnistie. Je veux que cela soit clair", a t-il fermement déclaré.

La Côte d’Ivoire a connu cinq mois de violences postélectorales, qui ont fait plus de 3 000 morts entre décembre 2010 et avril 2011. Violences survenues après le refus de l’ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara. Pour Ouattara, la présidentielle d’octobre prochain, qu’il "compte remporter dès le premier tour (…), devra tourner définitivement la page de cette crise".

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(Avec AFP)