Togo : l’OIF veille sur la présidentielle, Lomé se méfie de l’UE…

Par Jeune Afrique

Faure Gnassingbé remet son poste de président de la République togolaise en avril. © Pius Utomi Ekpei/AFP

Si l'OIF continue d'aider la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) à "consolider" les listes électorales, la coopération de l'UE avec le Togo au sujet de la prochaine présidentielle a connu un sérieux accroc.

Ancien représentant spécial de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) auprès des Nations unies, le Burkinabè Philippe Sawadogo devrait être envoyé très prochainement à Lomé pour prendre la tête d’une "mission de contact et d’information" dans la perspective de l’élection présidentielle – dont la date reste fixée au 25 avril.

Sur place, u sujet À en croire plusieurs sources internes, il y a du travail. Fin mars, lesdites listes comportaient encore de nombreuses anomalies et doublons. Mais selon l’OIF, qui s’apprête à publier un rapport sur le sujet, le problème peut encore être réglé dans les délais impartis.

L’expert de la discorde

À peine arrivé à Lomé, Jérôme Leyraud, un des experts mandaté par l’Union européenne pour accompagner le processus électoral, a été prié par les autorités de faire ses valises. Motif : déjà dépêché au Togo lors des législatives de juillet 2013, il aurait contribué à la rédaction d’un rapport qui "comportait des informations inexactes", estime Gilbert Bawara, ministre de l’Administration territoriale.

Le document avait fuité dans plusieurs médias proches de l’opposition avant d’être officiellement remis au gouvernement… L’affaire met en évidence la défiance que l’UE inspire aux autorités togolaises. Ces dernières ont pourtant eu gain de cause puisque Leyraud a été rappelé. L’UE n’enverra pas de mission d’observation lors de la présidentielle du 25 avril, mais financera le déploiement de 1 200 observateurs nationaux encadrés par une organisation de la société civile.