Annick Girardin : « Le climat est l’affaire de tous »

Annick Girardin, secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie. © Vincent Fournier/JA

Annick Girardin, la secrétaire d'État française au Développement et à la Francophonie, a débuté une double tournée africaine. Elle en explique les enjeux à "Jeune Afrique".

Hôte de la conférence Paris Climat en décembre, le président français François Hollande a fait de celle-ci un enjeu majeur de son quinquennat : il espère parvenir à un accord universel et ambitieux, qui permette de limiter à deux degrés le réchauffement climatique d’ici à 2100. Pour cela, la diplomatie française active tous ses réseaux. C’est le sens de la double tournée d’Annick Girardin, la secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, en Afrique de l’Est (Éthiopie, Tanzanie et Kenya, du 6 au 10 avril) puis en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Niger, Burkina Faso, à la fin du mois).

Jeune Afrique : Quel est le but de vos deux tournées en Afrique ?

Annick Girardin : L’une des raisons de l’échec de la conférence de Copenhague [en 2009], c’est que certains pays, notamment africains, n’ont pas toujours eu voix au chapitre en amont. La France souhaite que, cette fois, chacun participe. D’ailleurs, tous les pays doivent publier leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique avant Paris Climat. Le Gabon est le premier État africain à l’avoir fait, le 1er avril. Il faut s’en féliciter.

L’Afrique a-t-elle les mêmes intérêts qu’un pays industrialisé comme la France dans cette négociation ?

Nous avons tous le même intérêt : sauver l’humanité en préservant notre planète. Et les pays africains, qui sont les plus vulnérables avec les États insulaires, ont tout intérêt à soutenir cette ambition.

Pourquoi l’Afrique, qui a une responsabilité très faible dans le réchauffement climatique, doit-elle faire des efforts ?

À Lima [fin 2014], tous les pays se sont engagés à contribuer dans la mesure de leurs possibilités. Mais pendant le sommet de Paris, d’autres décisions seront prises sur les financements et les technologies que les pays du Nord devront mettre à la disposition des plus démunis.

Que pensez-vous des débuts de Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la francophonie ?

J’ai déjà eu l’occasion de lui dire toute la confiance que la France lui faisait, mais aussi toutes les demandes et espérances qui sont les nôtres, en particulier en matière de climat. La Francophonie peut être un levier. D’autant que les pays les plus vulnérables appartiennent souvent à la sphère francophone.

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