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Togo : Gogué, Taama et Traoré… Qui sont les trois outsiders de la présidentielle ?

Les trois "outsiders" de la présidentielle togolaise. © Montage / J.A.

Cinq candidats s’affronteront dans les urnes le 15 avril pour l’élection présidentielle au Togo. Si le président sortant Faure Gnassingbé et son principal opposant Jean-Pierre Fabre font figure de favoris, trois autres concurrents tenteront de leur ravir la vedette.

 

 

 

 

Aimé Tchabouré Gogué, l’éminent universitaire

© Capture / Youtube

Professeur agrégé en économie, Aimé Gogué (68ans) a été doyen de la faculté des sciences économiques, puis vice-recteur de l’université de Lomé. Aîné des candidats, il a été successivement ministre du Plan et de l’Éducation nationale entre 1991 et 1993 pendant la transition politique au Togo.

Le professeur Gogué était un allié indéfectible de Jean-Pierre Fabre depuis les élections législatives de juillet 2013, lorsque son parti l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (Addi) avait remporté trois sièges. De multiples malentendus avec le leader de l’opposition, notamment sur la question des réformes, l’ont conduit à faire cavalier seul à cette présidentielle.

Critiqué pour avoir choisi cette option, Aimé Gogué répond que "nulle part dans le monde la candidature unique n’a fonctionné". Dans un pays où la partie septentrionale est réputée acquise au parti au pouvoir, le professeur estime que sa présence contribuera à  casser le blocus du Nord et ainsi favoriser le succès d’un candidat de l’opposition.

Gerry Taama, le militaire reconverti

© Page Facebokk officielle

À 40 ans, Gerry Komandega Taama fait figure de benjamin des candidats. Formé à la prestigieuse École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM Saint-Cyr) en France, il a abandonné l’armée en 2008 pour se lancer dans les affaires. Pourtant à l’époque, quitter les rangs de la grande muette n’était pas facile. "Cette décision m’a valu deux mois d’arrêts", indique-t-il aujourd’hui avec sourire.

En 2012, l’ex-lieutenant se lance en politique en créant le Nouvel engagement togolais (Net), parti essentiellement composé de jeunes. Après avoir échoué à se faire élire député lors des législatives de juillet 2013, il s’est un peu promené entre les factions de l’opposition togolaise avant de se lancer dans la course pour le fauteuil présidentiel. Se réclamant du centre, Gerry Taama veut symboliser "le renouveau d’une classe politique vieillissante" et espère qu’un "gouvernement de transition" sera formé à l’issue du scrutin.

Mouhamed Tchassona Traoré, l’ex militant des droits de l’homme

© Mouhamed Tchassona Traoré

Né en 1960 à Sokodé, deuxième ville du Togo, Me Mouhamed Tchassona Traoré (MTT) est juriste de formation, président de la Commission des affaires africaines de l’Union internationale du notariat. Militant des droits de l’homme dans les années 1990, il participe aux dialogues politiques entre 1998 et 2006 sous les couleurs du Parti pour la démocratie et le renouveau (PDR) de l’ancien ministre d’État Zarifou Ayeva. Lorsque ce dernier décide de se rapprocher de régime de Faure Gnassingbé, Me Tchassona Traoré s’en éloigne et fonde le Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD) sous la bannière duquel il se présente à l’élection présidentielle de cette année.

Même s’il réclame un scrutin transparent, MTT rejette le boycott et refuse d’être catalogué comme un outsider. "Je vais à cette élection pour la gagner, il n y a pas de vainqueur d’avance car le seul arbitre est le peuple" affirme-t-il avec assurance.

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