Tunisie : attentat du Bardo, où en est l’enquête ?

Par Jeune Afrique

Les forces de sécurité tunisiennes déployées après l'attaque du Bardo. © Fethi Belaid/AFP

Deux jours après l'attentat qui a fait 21 morts au musée du Bardo à Tunis, les premiers éléments de l'enquête ont permis d'établir que les deux assaillants avaient été formés au maniement des armes en Libye voisine. Alors que les arrestations se poursuivent, plusieurs responsables politiques ont évoqué des failles sécuritaires. 

Ces dernières 24 heures ont permis d’en savoir un peu plus sur le parcours des deux assaillants, identifiés mercredi comme étant Yassine Abidi et Saber Khachnaoui. Revendiquée par l’ État Islamique l’attaque sans précédent depuis la révolution de janvier 2011 a coûté la vie à vingt touristes étrangers et un policier tunisien.

  • Formés en Libye

Les deux assaillants qui ont ouvert le feu à la kalachnikov sur les touristes à la descente de leur bus avant de les poursuivre dans les couloirs du musée se sont formés au maniement des armes en Libye, selon Rafik Chelly, le secrétaire d’État tunisiens aux affaires sécuritaires.

Il s’agit de "deux éléments extrémistes salafistes takfiris. Ils ont quitté clandestinement le pays en décembre dernier pour la Libye et ont pu s’y former aux armes", a-t-il dit à la chaîne El Hiwar Ettounsi.

Les deux assaillants, tués par les forces de sécurité, étaient "des éléments suspects" faisant partie "de ce qu’on appelle les cellules dormantes (…) et dont nous savons qu’ils peuvent mener des opérations mais il faut rassembler les indices pour pouvoir mener une arrestation", a expliqué Rafik Chelly.

  • Des membres de la famille Khachnaoui arrêtés

Selon des sources policières et familiales citées par l’AFP, la soeur Lobna, les frères, Maher et Mourad ainsi que le père de Saber Khachanoui ont été arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi par la police dans le district de Sbiba, dans la région de Kasserine, où la famille, pieuse, dispose d’une petite exploitation agricole.

On ne sait pas s’ils font partie des neuf arrestations déjà annoncées jeudi par la présidence.

>> Voir aussi : un diaporama sur les journées de mercredi et jeudi à Tunis

  • Failles de sécurité ?

Hier, le président Essebi a salué "la promptitude" avec laquelle les forces de l’ordre s’étaient dépêchées sur les lieux mercredi.

"Nous avons quand même réussi, grâce aux forces spéciales, à l’intervention rapide des brigades, à éviter une véritable catastrophe, parce que se trouvaient dans le musée au moment de l’attaque environ 300 personnes", a renchéri le ministre de l’Intérieur Najem Gharsalli.

Mais dans le même temps, le chef du gouvernement, Habib Essid, avait reconnu des "failles", alors que quelques mètres séparent le musée du siège du Parlement où se tenait, au moment de l’attaque, une réunion sur la réforme de la loi antiterroriste.

  • "Les gardes du musée du Bardo étaient au café"

Le vice-président de l’Assemblée, Abdelfattah Mourou, a lui affirmé à l’AFP que mercredi, jour de l’attaque, "il n’y avait pas de police autour du Parlement et autour du musée".

"J’ai appris qu’il y avait quatre policiers seulement qui devaient assurer la sécurité autour du Parlement, dont deux étaient au café. Le troisième mangeait un casse-croûte et le quatrième ne s’est pas présenté".

(Avec AFP)
 

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