Vrai ou faux : tout savoir sur les albinos

Une mère tanzanienne et sa fille albinos. © Bunyamin Aygun/AFP

Alors que dans plusieurs pays d'Afrique les gouvernements commencent à prendre des mesures de protection envers les personnes atteintes d'albinisme, cette maladie est encore incomprise et suscite de nombreux fantasmes. Décryptage.

Les albinos sont-ils toujours blancs ?

NON

La plupart des albinos sont blancs car l’albinisme se caractérise par le manque total ou partiel de mélanine dans l’épiderme. La mélanine est un pigment naturel qui protège la peau et les yeux des rayons ultraviolets du soleil. La couleur de la peau dépend de la concentration en mélanine, il est donc normal que dans des zones plus exposées, les peaux soient plus foncées. Les personnes atteintes d’albinisme ne sécrètent que peu ou pas de mélanine. Leur peau est donc très laiteuse, leurs cheveux clairs, et parfois même leurs yeux ont un aspect rouge car les vaisseaux sanguins présents dans l’oeil ne sont pas masqués par la couleur de l’iris. Cependant, dans certains cas, seuls les yeux sont atteints par une carence en mélanine, et la peau conserve son aspect initial. Les albinos peuvent également avoir des tâches de couleur plus claires sur une peau naturelle.

Peut-on attraper l’albinisme ?

NON

S’il existe plusieurs formes d’albinisme, plus ou moins importantes, l’albinisme est toujours génétique. Cela signifie que la maladie se transmet par les gènes des deux parents. L’albinisme oculo-cutané est le plus fréquent : pour qu’un enfant soit albinos, il faut que chacun de ses parents porte un gène de l’albinisme, même si les deux parents peuvent être porteurs sains. Il y aura un risque d’albinisme dans 25% des cas. Il existe aussi un albinisme oculaire, plus rare, où seuls les yeux sont touchés. Dans cette forme particulière, les femmes ne sont que porteuses saines, mais les garçons ont 50% de chance d’être atteints. Quoi qu’il en soit, cette maladie n’est absolument pas contagieuse, concrètement à ce que disent certaines croyances.

Les albinos sont-ils aveugles et ont-ils des déficiences mentales ?

NON

Le risque majeur, pour les albinos réside dans les rayons ultraviolets du soleil, contre lesquels ils ne sont pas protégés. Le soleil peut brûler les albinos et provoquer chez eux des infections cutanées très graves ou même des cancers de la peau. D’autre part, les albinos ont systématiquement des problèmes de vision. Les iris n’étant pas pigmentés, ils ne protègent pas de la lumière, et celle ci pénètre en excès dans l’oeil. Ce qui explique que les albinos ont une vision floue, parfois déformée. L’excès de lumière fatigue leur regard et dégrade leur vision petit à petit. En revanche, l’albinisme ne cause pas de cécité. De nombreux mythes confèrent aux albinos des déficiences supplémentaires, qui n’ont bien sûr rien à voir avec leur carences en mélanine. Ainsi, il est parfois rapporté que les albinos ont des problèmes de santé tels que la stérilité, des problèmes pulmonaires ou des déficiences mentales. Ces affirmations relèvent du fantasme et sont infondées.

L’albinisme se soigne-t-il ?

NON

L’albinisme ne peut être ni guéri, ni prévenu. Les problèmes de santé découlant directement de l’exposition au soleil, il est recommandé aux albinos de ne pas s’exposer, de porter des vêtements couvrants, des couvres-chefs et de s’appliquer très régulièrement des crèmes solaires très concentrées. La vision des personnes atteintes d’albinisme, déjà mauvaise, se dégrade sans soin apporté aux yeux : il est donc nécessaire que les albinos portent des lunettes et ne pratiquent pas d’activités trop fatigantes ou stimulantes pour les yeux.

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Se marier entre cousins favorise-t-il le risque d’avoir des enfants albinos ?

OUI, notamment dans les zones où le taux d’albinos est élevé

La prévalence de l’albinisme dans le monde est d’une naissance sur 20 000. En Afrique, cette prévalence passe de un sur 4000, et même 1 sur 1000 en Tanzanie, au Burundi et au Niger. Cette hausse spectaculaire du risque d’albinisme s’explique par la consanguinité, dans les villages les plus excentrées : des membres de la même familles, même éloignés, peuvent être porteurs de gènes très anciens et favoriser l’albinisme. Dans un brassage plus large, le risque que deux personnes portent les gènes de l’albinisme est considérablement réduit. Des recherches menées au Cameroun ont montré que sans lien de consanguinité, le risque d’avoir un enfant albinos est de 1 sur 20 000. Si deux cousins ont un enfant, le risque passe à 1 sur 2240, soit presque 10 fois plus élevé. De plus, comme les albinos sont rejetés par la société, ils ont tendance à se regrouper et à s’unir entre eux. Les enfants qui naissent de ces unions ne peuvent qu’être albinos, eux-aussi.

Manger le sexe d’un albinos donne-t-il du pouvoir ? Faire l’amour à une femme albinos guérit-il du sida ?

NON, NON et NON

Toutes les superstitions qui entourent les albinos sont fausses. Les albinos souffrent déjà d’une maladie incurable et douloureuse. Mais elle s’accompagne encore trop souvent de croyances fausses qui les amènent à être persécutés. Voire assassinés. Les gouvernements où la sorcellerie joue beaucoup sur le sort des albinos ont, pour certains, lancé des campagnes d’information, voire des poursuites judiciaires, pour essayer d’endiguer le phénomène.