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Tourisme : Tunis mise sur le haut de gamme

L'ecolodge Dar Hi, à Nefta (sud-ouest). © Dar Hi

Le modèle balnéaire étant en panne, Tunis mise sur le tourisme haut de gamme, notamment loin des côtes. Si des initiatives privées voient le jour, la stratégie du gouvernement, elle, doit encore être affinée.

Depuis plus de deux ans, un ovni architectural surplombe la palmeraie de Nefta. Avec ses lignes contemporaines et ses chambres sur pilotis, Dar Hi détonne dans cette petite ville classique du Jérid tunisien (Sud-Ouest). Entièrement conçu par la designer française Matali Crasset, cet écolodge chaleureux allie modernité et respect de l’environnement local. Terrasse ensoleillée, piscine d’eau chaude soufrée, spa, mais aussi cours de cuisine traditionnelle ou coin lecture : ici, tout est fait pour prodiguer repos et bien-être aux clients.

Cliquez sur l'image.Cette nouvelle forme de tourisme haut de gamme, bien loin des séjours all-inclusive des hôtels-clubs de Djerba ou Hammamet, tend aujourd’hui à se développer en Tunisie. Si le tourisme balnéaire de masse a fait la richesse de l’économie nationale, ce modèle est désormais en panne. Depuis 2008, le compteur reste bloqué en dessous des 7 millions de visiteurs étrangers par an. La révolution n’a évidemment pas arrangé les choses, faisant plonger les chiffres à moins de 5 millions de touristes pour l’année 2011.

Face à ces mauvaises statistiques, le ministère du Tourisme a lancé, dès octobre 2010, un plan d’action national visant à redynamiser le secteur à l’horizon 2016. Mis de côté pendant la période révolutionnaire, ce plan a en partie été repris par le gouvernement Jebali. Une de ses principales pistes est de diversifier l’offre touristique en Tunisie. « On garde ce qu’on a en termes de tourisme balnéaire, tout en développant davantage le tourisme haut de gamme », résume Habib Ammar, directeur général de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT).

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L’accent sera donc mis sur des prestations plus soignées, comme des circuits culturels, des séjours de golf ou des semaines de thalassothérapie. Dès la fin du mois de janvier, une vaste campagne de publicité de 18 millions d’euros, concoctée par le français Publicis, vantera les nouvelles facettes du tourisme tunisien sur de multiples supports (affiches, web, télévision…).

Un temps délaissée au profit des côtes, la zone saharienne fait dorénavant partie intégrante du plan de développement touristique. Symbole de ce changement de cap, le gouvernement a récemment lancé la construction d’un grand complexe hôtelier de luxe à Tozeur. Financé par le fonds d’investissement Qatari Diar, le projet Tozeur Desert Resort doit être livré en 2015 sur 40 hectares de palmeraie. Il comprendra une soixantaine de suites, un centre de bien-être, des boutiques, des salles de conférence…

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Du côté des acteurs privés, douze hôteliers indépendants de haut niveau ont également décidé de bousculer les choses. Sous la houlette de Patrick Elouarghi, créateur de Dar Hi, ils se sont rassemblés au sein du collectif Dar Tunisia, officiellement présenté début décembre à Cannes (France) lors du salon International Luxury Travel Market (ILTM), le rendez-vous annuel des hôteliers de luxe mondiaux. « Nous avons eu de très bons contacts au salon ILTM et allons bientôt mettre en place des packages touristiques avec des agences de voyage », confie l’initiateur du projet.

Malgré la satisfaction affichée par les autorités – « Notre nouveau modèle de développement touristique est un des signes de la nouvelle Tunisie », affirme le ministre des Finances et du Tourisme, Elyes Fakhfakh -, le plan national Tourisme 2016 ne donne que des lignes directrices, sans chiffres précis. « Cette stratégie prendra du temps à être appliquée, prévoit Patrick Elouarghi. On sent bien une volonté de changement, mais il faudra être patient. » Car pour l’instant, la « nouvelle » Tunisie a d’autres priorités : remédier au chômage de masse et aux troubles sécuritaires. 

 

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