Nigeria : Boko Haram attaque la localité de Njaba et rassemble ses troupes à Gwoza (Nord-Est)

Par Jeune Afrique

Un village attaqué par Boko Haram, le 19 février 2015. © Edwin Kindzeka Moki/AP

Au moins 68 personnes ont été tuées jeudi par le groupe islamiste Boko Haram dans un village du nord-est du Nigeria, selon des témoins et des membres d'une milice locale.

Mis à jour le 6 mars 2015 à 08h49.

Nouveau masssacre, jeudi 5 mars, dans le nord-est du Nigeria. "Des hommes très lourdement armés ont attaqué le village de Njaba, dans l’État de Borno, mardi", a rapporté Falmata Bisika, 62 ans, qui a pu trouver refuge à Maiduguri, la capitale de cet État. "Les terroristes étaient armés jusqu’aux dents a-t-elle déclaré, et ils se sont mis à tirer sur les habitants qui tentaient de fuir dont des adolescents et des personnes âgées", a-t-elle poursuivi. "Quatre de mes petits-enfants ont été tués", a-t-elle confié.

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"J’ai participé au comptage des corps, soixante-huit personnes ont été tuées", a quant à lui déclaré Muminu Haruna, 42 ans, qui s’est d’abord caché dans un grenier derrière chez lui, avant de courir vers Maiduguri, située à une cinquantaine de kilomètres au nord.

Le village a été entièrement brûlé, et plusieurs enfants ont été pris pour cibles délibérément. Selon Ali Mulai, qui fait partie de la milice d’auto-défense du village, l’attaque a commencé vers 5h du matin (04h00 GMT). "Parmi les victimes se trouvaient des garçons et des filles de 13 à 19 ans et d’autres habitants, plus âgés. Ils ont été tués par balles, massacrés", a-t-il déclaré.

Afflux d’islamistes à Gwoza

Dans le même temps, les combattants islamistes affluent depuis plusieurs jours à Gwoza, où ils ont commis des exactions, selon un témoin et un sénateur.

Ils se préparent à défendre la ville au moment où l’armée nigériane poursuit son avancée, aidée par les soldats tchadiens, a expliqué jeudi à l’AFP Ali Ndume, sénateur de cette région.

Une reprise de cette ville serait un succès hautement symbolique pour l’armée nigériane.

Selon une habitante qui a fui mardi Gwoza, les insurgés ont encerclé de jeunes hommes qui étudiaient le Coran devant la résidence d’un responsable religieux local. Ces hommes ont ensuite été exécutés devant leurs femmes, a raconté cette habitante depuis Yola, capitale de l’Etat voisin d’Adamawa.

"Les hommes de Boko Haram ont rapporté des armes neuves, dans des cartons, ils les ont testées et il ont abattu tous les hommes qui ont été forcés de s’allonger sur le ventre", a-t-elle relaté.

"Les insurgés de Boko Haram affluent depuis plusieurs jours à Gwoza, où ils ont tué de nombreux habitants de sexe masculin et chassé les femmes et les enfants", a indiqué de son côté le sénateur.

Il est difficile d’estimer la population actuelle de Gwoza, de nombreux habitants ayant fui vers le Cameroun voisin après la prise de la ville en juin dernier.

L’armée tchadienne, au rôle majeur dans l’opération régionale en cours, a permis au Nigeria de reprendre de vastes teritoires aux islamistes ces dernières semaines.

Le président tchadien Idriss Déby Itno a promis mercredi d’"anéantir" Boko Haram et d’éliminer son chef s’il ne se rendait pas, affirmant savoir où il se trouve.

(Avec AFP)

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