Maroc : dix mille personnes se rassemblent à Rabat en faveur de l’égalité entre les sexes

Par Jeune Afrique

Des femmes marocaines participant à la manifestation du 8 mars. © Fadel Senna/AFP

Dix mille personnes se sont rassemblées dimanche 8 mars dans la capitale marocaine à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Les manifestants réclamaient notamment la mise en œuvre rapide de la Constitution de 2011 qui consacre l’égalité entre les sexes.

L’égalité hommes-femmes est en marche au Maroc. Dix mille personnes ont manifesté dimanche 8 mars à Rabat à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Les participant(e)s ont répondu à l’appel d’un collectif baptisé "Parité et démocratie", qui appelle l’État marocain "à œuvrer à la parité".

Celui-ci réclame plus précisément une mise en œuvre rapide de la Constitution de 2011 qui consacre "l’égalité des droits" et exhorte l’État à "œuvrer pour la "parité" à travers la mise en place d’une instance spéciale. "Révisons nos lois discriminantes à l’égard de la femme !" ont ainsi clamé les manifestants.

Bien que l’objectif affiché initialement par les organisateurs d’atteindre le million de manifestants dans tout le pays n’a pas été réalisé, la marche s’est déroulée dans un climat serein et a suscité un fort engouement. De nombreuses femmes et des responsables de partis d’opposition, ont convergé vers le Parlement, scandant notamment des slogans critiques à l’égard du chef du gouvernement, l’islamiste Abdelilah Benkirane du Parti justice et développement (PJD).

Citée par l’agence MAP, Fouzia Assouli, la présidente de la Fédération de la ligue démocratique pour les droits des femmes (FLDDF) a dénoncé "le recul enregistré dans le domaine des droits des femmes ces dernières années" sous la mandature du PJD.

La présidente de la FLDDF a également  évoqué les problématiques du mariage des mineures, en forte augmentation au cours de la décennie écoulée avec plus de trente mille cas par an, des violences faites aux femmes ou encore de la précarité sociale.

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Le PJD tente de rassurer

Du côté du gouvernement, Le Premier ministre marocain a tenté d’anticiper, samedi, à l’occasion d’un meeting politique tenu à Agadir, les mots d’ordre de la manifestation. Le chef de gouvernement s’est en effet dit "préoccupé par le sort des femmes qui vivent dans l’indigence sans avoir la possibilité de mener une grève de la faim ou un sit-in".

Mais Abdelilah Benkirane continue de pâtir d’une très mauvaise image auprès des féministes marocaines. Ses déclarations antérieures au Parlement vantant "la place de la femme dans le foyer" avaient en effet suscité une vive polémique. Et bien qu’il ait tenté de redorer son blason depuis à travers l’annonce de l’adoption imminente du projet de loi créant une instance pour la parité, les ONG féministes continuent de juger la mise en œuvre de la Constitution de 2011 beaucoup trop lente.

Selon des chiffres du Haut-commissariat au plan (HCP), près d’une Marocaine sur deux (45,7%) est analphabète et près de deux sur trois (62,8%) sont victimes de violences.

(Avec AFP)