Burundi : Hussein Radjabu, ex-chef du parti au pouvoir, s’est évadé de prison

Par Jeune Afrique

L'ex-chef du parti au pouvoir, Hussein Radjabu. © DR

La nouvelle risque de ne pas plaire au président burundais, Pierre Nkurunziza. L'ex-chef du parti au pouvoir, Hussein Radjabu, son ennemi juré, s'est évadé de prison dans la nuit de dimanche à lundi.

Hussein Radjabu, ex-chef du CNDD-FDD, purgeait depuis 2007 une peine de treize ans pour complot contre la sûreté de l’État. "Il s’est évadé cette nuit entre 21 heures et minuit en compagnie de deux proches", a déclaré le porte-parole de la police, Liboire Bakundukize. "Il a bénéficié de la complicité d’au moins trois gardiens dont le brigadier-chef de corps, responsable à ce titre de la sécurité de toute la prison", a-t-il ajouté.

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Cette évasion intervient à quelques mois d’une élection présidentielle dans un contexte de fortes tensions politiques. Elle représente un nouveau coup dur pour le président burundais Pierre Nkurunziza, soupçonné de vouloir briguer un troisième mandat mais confronté à une opposition de plus en plus forte et structurée, y compris dans son propre camp.

"Son évasion est un coup dur"

Hussein Radjabu avait pris la tête du parti au pouvoir quand son chef Pierre Nkurunziza accédait à la présidence, en 2005. Pendant deux ans, il a mené le parti et, selon certains observateurs, dirigeait même en sous-main le pays, puisqu’aucune nomination importante, aucune orientation stratégique n’était décidée sans lui.

Il avait été évincé de la tête du parti en 2007 alors qu’il commençait à faire un peu trop ouvertement concurrence à Pierre Nkurunziza. Refusant de rentrer dans le rang après cette éviction, il avait été arrêté cette même année et condamné, en 2011, à treize ans de prison pour complot contre la sûreté de l’État.

"Son évasion est un coup dur pour le président Nkurunziza en ce moment précis car il est resté populaire auprès d’une partie des militants du CNDD-FDD et il a une grande capacité de nuisance", s’est inquiété un cadre de la présidence, sous couvert d’anonymat.

(Avec AFP)