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Maroc : Managem se diversifie dans l’or

Sit-in des riverains d'Imiter, en mars 2012. © Abdelhak Senna/AFP

Le groupe veut diminuer sa dépendance aux métaux de base. Pour ce faire, il investit dans sa mine d'argent d'Imiter et multiplie les projets hors du royaume, notamment dans l'or.

Filiale de la Société nationale d’investissement (SNI, holding royal), Managem a été doublement pénalisé en 2012. Par les tensions sociales dans la mine d’Imiter, dans le sud-est du pays (lire encadré) ; et, surtout, par la chute des cours des métaux de base et du cobalt (- 18 % en 2012), un segment d’activité qui représente 80 % du chiffre d’affaires de Managem, contre 20 % pour les métaux précieux. Ces éléments ont pesé dans la baisse du résultat net part du groupe, qui a reculé de 14 % au premier semestre 2012 (23,4 millions d’euros). Pour rappel, en 2011, la société avait dégagé un chiffre d’affaires de 270 millions d’euros.

Les programmes d’investissement visant à accroître la part de l’or et de l’argent dans son chiffre d’affaires permettraient à l’entreprise cotée à Casablanca de bénéficier de relais de croissance et de réduire son exposition à la conjoncture mondiale. La société dirigée par Abdelaziz Abarro a plusieurs projets en cours. Au Maroc, la production de la mine d’Imiter devrait passer à 300 tonnes d’argent par an fin 2013, contre une capacité actuelle de 200 tonnes. Mais c’est surtout à l’extérieur des frontières marocaines que Managem envisage son expansion, le royaume ne disposant pas de réserves d’or.

L’incertitude plane sur Imiter

Avec plus de 50 % de marge brute, la Société métallurgique d’Imiter (SMI) revêt une importance stratégique pour Managem, détenteur de 80 % du capital. Las, pendant plusieurs mois, les riverains ont bloqué l’accès aux deux puits situés à l’extérieur de la mine et indispensables au traitement de l’argent. Conséquence : les volumes de production ont chuté de 24 % en 2012. Une solution a été trouvée en novembre, moyennant des engagements sociaux en partenariat avec l’État, pour répondre aux attentes de la population locale. « Les revendications des riverains dépassaient largement le champ d’action de l’entreprise. Les inégalités de niveau de vie entre ces derniers et les mineurs, jugés privilégiés, ont favorisé cette révolte », explique Majdouline Fakih, analyste chez CFG Group. Managem continue toutefois de chercher des sources d’eau alternatives, car la situation reste incertaine. R.B.

Au Gabon, un gisement aurifère dans la région d’Étéké doit ainsi être opérationnel fin 2014. « Le Gabon constitue la première expérience de Managem en Afrique subsaharienne, matérialisée par le succès du lancement du projet aurifère de Bakoudou, fin 2011. L’entreprise affirme avoir surmonté quelques désagréments liés à la sous-traitance dans le pays », souligne Majdouline Fakih, analyste chez CFG Group. Managem a également des vues sur le Soudan. « Un projet pilote a débuté pour la production d’or. Les relations avec Khartoum se passent bien, car de nombreuses créations d’emplois sont en jeu », poursuit-elle.

Risqué

D’autres projets aurifères sont à l’étude en Éthiopie, en Mauritanie et en RD Congo – où Managem est déjà actif dans le cuivre et le cobalt. « En RD Congo, les réserves de cuivre et de cobalt sont très importantes. Ainsi la durée de vie de la mine de Pumpi dépasse les vingt ans. Toutefois, cet énorme potentiel reste risqué et délicat en raison du manque de stabilité politique », précise l’analyste de CFG Group.

Après une décennie difficile, Managem veut se donner les moyens d’augmenter sa production, avec comme objectif de réaliser un tiers de ses ventes en dehors du Maroc d’ici à trois ans. « À l’horizon 2015, l’international pourrait contribuer à hauteur de 45 % au résultat brut de Managem », estime Majdouline Fakih.

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