Somalie : les kamikazes ayant attaqué un hôtel à Mogadiscio étaient néerlandais

Par AFP

Des forces de sécurité somaliennes devant l'hôtel Central, le 20 février 2015 à Mogadiscio. © AFP

Les deux kamikazes qui ont tué 25 personnes vendredi en se faisant exploser dans un hôtel de Mogadiscio où se trouvaient des ministres et des élus, étaient des ressortissants néerlandais, ont indiqué samedi les services de renseignement somaliens.

"Nous avons pris connaissance de ces informations, mais nous ne pouvons rien confirmer pour l’instant", a réagi auprès de l’AFP une porte-parole du ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Selon les services de renseignement somaliens, l’homme et la femme kamikaze avaient la double nationalité: néerlandaise et somalienne. Vendredi, ils avaient infiltré le Central Hotel, établissement haut de gamme proche du palais présidentiel, en prévision de l’attaque, revendiquée par les insurgés islamistes shebab.

La kamikaze "travaillait à temps partiel dans l’hôtel"

L’Agence nationale de sécurité et de renseignement somalienne (NISA) a précisé que l’homme, qui s’appelait Ismail Muse, a fait exploser sa bombe dans sa voiture garée contre l’hôtel, tandis que la femme, nommée Lula Ahmed Dahir, a déclenché sa ceinture d’explosifs dans la salle de prière de l’établissement durant la prière musulmane du vendredi. La femme "travaillait à temps partiel dans l’hôtel depuis plus de quatre mois", selon un rapport de la NISA consulté par l’AFP. "Sa relation avec l’homme (. . . ) n’est pas encore connue mais elle en est jugée très proche, il pourrait même être son mari".

Le double attentat-suicide a tué 25 personnes, dont deux parlementaires, le maire adjoint de Mogadiscio, le secrétaire privé du Premier ministre et le chef de cabinet du vice-Premier ministre.

Le vice-Premier ministre Mohamed Arte, le ministre des Transports et le ministre des Ports et des Ressources marines figurent parmi les dizaines de blessés. "Le bâtiment a été salement touché, les explosions étaient très puissantes", avait déclaré vendredi un policier sur place, Aburahman Ali.

Cet attentat, rapidement revendiqué par les islamistes, est le plus meurtrier en Somalie depuis près de deux ans. Le bilan le plus lourd dans une attaque perpétrée contre le gouvernement lui-même remonte à 2009, lorsque les shebab étaient passés de chambre en chambre dans l’hôtel Shamo, abattant 25 personnes dont trois ministres. Ils ont par le passé assuré vouloir tuer "un à un" tous les députés.

Au moins huit d’entre eux sont morts dans des attentats ou assassinats ciblés depuis l’élection en septembre 2012 du Parlement. Les islamistes ont essuyé depuis août 2011 une série ininterrompue de revers militaires et multiplient les actions de guérilla et les attentats, notamment à Mogadiscio.

La Somalie est privée de réelle autorité centrale depuis la chute du régime autoritaire du président Siad Barre en 1991. Elle est depuis en état permanent de guerre civile.

(AFP)

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