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Tunisie : Moncef Sellami ouvre son tour de table

Le septuagénaire n'évoque nullement un éventuel départ à la retraite. © Ons Abid/JA

Le fondateur de One Tech entend internationaliser le capital du groupe tunisien en l'introduisant en Bourse. Quitte à ne pas faire de ses enfants des héritiers.

L’introduction à la cote de One Tech, probablement en avril, sera l’un des événements majeurs du premier semestre pour les investisseurs tunisiens. Après avoir reçu le feu vert du conseil d’administration de la Bourse mi-février, son patron, Moncef Sellami, attend l’accord du Conseil des marchés financiers pour introduire sur la Place de Tunis 23,5 % du capital de son groupe. Ce sera une nouvelle consécration pour le septuagénaire, ancien banquier devenu industriel à la fin des années 1970. Depuis, le natif de Sfax s’est imposé comme l’une des principales figures du patronat tunisien. Son groupe, qui emploie 2 500 salariés, a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 440 millions de dinars (213 millions d’euros), ce qui le place au deuxième rang des exportateurs privés du pays.

23,5%, c’est la part du capital de One Tech qui sera cotée à la Bourse de Tunis

S’il travaille avec ses deux fils, Slim et Hédi, respectivement directeurs de Fuba (composants électroniques) et de Tunisie Câbles, deux des plus importantes entreprises de l’empire Sellami, le fondateur n’entend pas créer une dynastie. « L’introduction de One Tech en Bourse marque notre volonté d’internationaliser la société, explique-t-il. Dans cette perspective, il n’est pas du tout certain que je continuerai à contrôler la majorité du capital dans quelques années. Idéalement, d’autres investisseurs institutionnels pourraient rejoindre la SFI [Société financière internationale, qui détient 4 % du capital, NDLR] parmi les actionnaires. »

Foot et médias

D’ailleurs, Moncef Sellami assure avoir déjà pris du recul avec la gestion des affaires courantes. Une liberté mise à profit pour s’investir dans ses autres passions : le football, en assumant la présidence du Club sportif sfaxien de 2008 à 2010 et à nouveau quelques mois entre 2011 et 2012 ; et la presse, en prenant il y a quelques jours la direction par intérim de Grand Maghreb Média, la société éditrice du quotidien arabophone Le Maghreb actuellement en difficulté. Un engagement citoyen pour ce pourfendeur des extrémistes religieux, profondément marqué par l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd, en février. Mais les projets de One Tech continuent tout de même d’occuper l’essentiel de son énergie. Parmi les principaux chantiers du moment : le retour sur le marché américain et la création au Maroc d’une usine de composants électroniques. Aucun dossier en revanche sur un éventuel départ en retraite. 

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