Le Kenya, futur eldorado pétrolier africain

Par Jeune Afrique

La vallée du Grand Rift au Kenya contiendrait jusqu'à 10 milliards de barils. DR ©

Le Kenya a le potentiel pour devenir l'une des premières puissances pétrolières africaines. À condition de mener à bien un projet de pipeline d'un coût total de 5 milliards de dollars afin d'accéder aux marchés asiatiques.

La vallée du Grand Rift, au Kenya, une tranchée volcanique longue de plus de 700 kilomètres ouverte par le déplacement des plaques tectoniques, est connue pour être le berceau de l’humanité. Mais pour les sociétés pétrolières, la zone présente un autre intérêt : elle offre une série de champs de pétrole qui pourraient faire de la plus grande économie d’Afrique de l’Est la première économie d’Afrique et un important producteur d’énergie.

Le britannique Tullow, déjà largement présent ailleurs sur le continent, et le canadien Africa Oil ont découvert de l’huile dans deux puits l’année dernière et, selon le magazine Bloomberg Businessweek, prévoient de forer jusqu’à 11 puits d’essai en 2013. La vallée pourrait produire 10 milliards de barils selon les estimations de Tullow, soit suffisamment pour alimenter le Kenya pendant trois siècles.

Comme le souligne Bloomberg, la découverte place le Kenya au centre de l’industrie pétrolière en Afrique de l’Est. Ainsi, l’Ouganda va commencer à produire du pétrole qu’elle a découvert en 2006 tandis que Tullow Oil et Africa Oil commencent aussi à mener des forages en Éthiopie. Le Sud-Soudan, la plus jeune nation du monde et un producteur de pétrole établi, est à la recherche de nouvelles voies d’exportation qui contournent le Soudan, dont il s’est séparé. Tout ou partie de ce pétrole sera probablement acheminé vers les côtes kényanes.

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Pipelines et terminal

Pour l’instant, le Kenya importe l’intégralité de sa consommation de pétrole. Ainsi, assurer son approvisionnement en énergie au moyen de son propre sous-sol lui permettrait de devenir une plaque tournante pour les producteurs de la région et renforcerait ses perspectives économiques, déjà solides avec 6% de croissance prévue pour 2013. L’administration kényane a mis au point un projet à 5 milliards de dollars afin de construire un réseau de gazoducs reliés à un terminal sur la côte. Les tankers pourraient ensuite transporter le pétrole à des clients en Chine, en Inde et dans d’autres pays asiatiques.

La production au Kenya ne devrait pas commencer avant trois ans en raison des difficultés pour relier la région du Grand Rift, accessible uniquement par des mauvaises pistes. Autre problème, la sécurité : les travailleurs sont gardés par des policiers armés de kalachnikovs dans une zone où les vols de bétail peuvent facilement dégénérer en affrontements armés entre tribus…

(Avec Bloomberg Businessweek)

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