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Port d’Abidjan : la surprenante victoire de Bolloré

Le TC1, premier terminal à conteneurs du port, est déjà géré par APMT et BAL. © Vincent Fournier/JA

Comme cela a été confirmé lundi 25 mars par un communiqué de Bolloré, le consortium franco-danois emmené par APMT a remporté l'appel d'offres pour la construction et la gestion du deuxième terminal à conteneurs du port d'Abidjan. Un choix surprenant pour nombre d'observateurs qui soulignent l'importance du montant de l'offre financière et le manque de concurrence qui risque de découler de cette situation de monopole.

Attendus depuis le 15 mars, les résultats de l’appel d’offres concernant la construction et la gestion du deuxième terminal à conteneurs d’Abidjan (TC2) sont enfin connus. La direction du Port autonome d’Abidjan (PAA) a signifié par courrier le 21 mars aux différents soumissionnaires son choix de retenir le groupement emmené par AP Moller Terminals (APMT, filiale manutention de la compagnie maritime danoise Maersk), associé pour l’occasion aux français Bolloré Africa Logistics (BAL) et Bouygues. Un simple communiqué de la compagnie danoise envoyé le 22 mars confirme la décision. Le sourire triomphant arboré à Bruxelles par le représentant régional d’APMT lors de la conférence du Club des ports africains, le 9 mars dernier, prend ainsi tout son sens. Et contraste avec la déception affichée par les représentants des deux autres consortiums en lice.

Choix surprenant

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Lancé avec l’objectif « d’accroître la compétitivité du port par le jeu de la concurrence », comme l’ont maintes fois répété les autorités portuaires, le projet de construction de ce nouveau terminal, attendu sur la lagune Ébrié à l’horizon 2016-2017, pour un investissement compris entre 400 et 500 millions d’euros, va donc être confié aux mêmes opérateurs que le TC1. Un choix surprenant pour de nombreux observateurs, la commission d’attribution n’ayant pas été particulièrement impressionnée en novembre 2012 par l’offre technique remise par le consortium APMT. Deux autres propositions avaient été présentées, l’une par Necotrans, CMA CGM, et l’ivoirien Movis – avec le manutentionnaire philippin ICTSI comme chef de file -, l’autre par Mediterranean Shipping Company (MSC) et le sud-coréen Hanjin Shipping. Qualifié de justesse pour l’étape suivante, le moins-disant technique a donc inversé la tendance en devenant le mieux-disant financier. « Ils ont fait une offre délirante qui a tué toute compétition », s’agace l’un des concurrents recalés.

Selon plusieurs sources concordantes à Paris comme à Abidjan, le groupement APMT serait monté jusqu’à 120 millions d’euros lors de l’offre financière, soit largement plus que le ticket d’entrée de 75 millions d’euros fixé par le port et proposé par les autres soumissionnaires. Un montant tellement disproportionné au regard des trafics potentiels du futur terminal que la proposition franco-danoise aurait séjourné sur le bureau de la présidence ivoirienne, soucieuse d’en vérifier la viabilité financière. Alors que la direction du PAA est partie pour Paris sitôt les courriers parvenus aux différents soumissionnaires, les concurrents non retenus ont prévu de se rencontrer très rapidement à Abidjan pour définir la conduite à tenir, se réservant « le droit de contester la décision prise par l’autorité portuaire ». L’attribution doit encore passer devant le Conseil des ministres pour être entérinée. 

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