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Asa, petit faucon deviendra grand

Écrit par Faïza Ghozali

La jeune Nigériane a remporté, le 17 novembre, le septième prix Constantin. Une récompense française qui distingue les talents prometteurs.

Paris, scène de l’Olympia, tard ce soir du 17 novembre… On s’apprête à remettre le septième prix Constantin, qui distingue la révélation musicale de l’année. Nominés et fébriles en coulisses, dix artistes et groupes de musique sont en lice. And the winner is… Asa (prononcer Asha) !
Les larmes aux yeux, la jeune artiste nigériane, qui surfe sur le succès depuis qu’est sorti, en octobre 2007, son premier album, intitulé tout simplement Asa (128 000 exemplaires écoulés), a reçu son trophée (un avion) des mains du chanteur pop Étienne Daho, président du jury. « J’ai commencé à réaliser quand tout le monde est venu me féliciter, confie-t-elle à Jeune Afrique. Je ne m’y attendais pas, j’étais déjà très heureuse de faire partie des nominés. »
Elle est ainsi la première Africaine à remporter ce prix qui n’avait couronné, jusqu’ici, que des musiciens français – mis à part le Franco-Congolais Abd Al Malik en 2006 pour Gibraltar. Il est vrai qu’il y a comme une histoire d’amour entre Asa (« petit faucon », en yorouba) et la France : elle est née à Paris, en 1982, avant que ses parents ne s’en retournent au pays, deux ans plus tard ; elle a eu pour « parrain » musical Joël Bertrand, le directeur du Centre culturel français de Lagos ; un premier album signé avec une maison de disques parisienne (Naïve) ; elle tourne en boucle depuis un an sur les radios de l’Hexagone et a conquis un large public…
Asa parle de « destinée ». Mais c’est surtout une affaire de talent. Un talent qui puise dans ses racines nigérianes, métisse les langues (anglais et yorouba), marie les styles (soul, pop, reggae, folk) et franchit les frontières. À peine couronnée, la voilà d’ailleurs qui s’est envolée pour Abuja, au Nigeria, où devait se tenir, le 22 novembre, la toute première édition des Mama, les MTV Africa Music Awards. La jeune Nigériane (26 ans) y est doublement nominée. Dans la catégorie « meilleure artiste féminine », face à Sasha (Nigeria), Wahu (Kenya), Dama Do Bling (Mozambique) et Zonke (Afrique du Sud) ; et comme « artiste de l’année », aux côtés de ses compatriotes D’Banj et P-Square et des Sud-Africains HHP et Seether. Concentré de succès, l’année 2008 restera dans les annales d’Asa. Qui ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : « Je veux poursuivre ma route dans la musique et garder mon cap », affirme-t-elle. Le deuxième album est déjà en cours. Pourvu qu’il réponde aux attentes du public.

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