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Et le rideau sur l’écran va se lever

Écrit par Georges Dougueli

À Libreville, Le Komo, l’un des plus grands cinémas d’Afrique centrale, vient d’être restauré. Premières séances à la fin de novembre, après dix ans de fermeture.

« Il rouvrira fin novembre », promet Sylvain Yambangoye, le gérant du Komo. Fermée il y a plus de dix ans, la plus importante salle de cinéma de Libreville – et l’une des plus grandes d’Afrique centrale – trône de nouveau au centre-ville, sur l’avenue Félix-Éboué, restaurée de fond en comble sous la houlette de cet ancien hôtelier reconverti dans l’exploitation des entreprises culturelles. Tirant les leçons du passé, le cinéma se veut désormais « un lieu de rencontre, de débat et de communion ». En témoigne le salon de thé flambant neuf qui occupe désormais l’aile gauche du bâtiment. Et les premiers concerts qui y ont été organisés en août.

La salle sera-t-elle rentable ?

Le projet culturel de Sylvain Yambangoye s’articule sur une programmation éclectique. Il envisage de projeter principalement des longs-métrages africains, sans exclure les incontournables blockbusters américains. Quant à la programmation des productions françaises, Le Komo pourrait notamment bénéficier de l’aide du Centre culturel français Saint-Exupéry de Libreville.
À l’heure où la plupart des rares salles encore en activité sur le continent ferment les unes après les autres, la réouverture de ce cinéma librevillois de 700 places est une curiosité. Amorcée au cours des années 1990, la chute de la fréquentation des salles de cinéma a acculé la plupart des établissements à la faillite. Les exploitants n’ont pas pu faire face à l’essor de la télévision par satellite, qui a détourné les spectateurs des salles obscures. Et, en l’absence du soutien de l’État et d’une réaction efficace contre le piratage, l’invasion des DVD, illégalement dupliqués et en vente libre sur les marchés, achève de plomber gravement leurs affaires. Face aux difficultés d’exploitation et à l’augmentation des pertes, les propriétaires préfèrent louer aux Églises évangéliques ou à la grande distribution…
« Pour être rentables, 45 % de notre chiffre d’affaires devra provenir du cinéma, explique Sylvain Yambangoye. Nous comptons sur la location de la salle pour d’autres activités – comme les spectacles, le théâtre – et sur le salon de thé pour nous maintenir à flot. » Encore faut-il mettre en place une politique tarifaire attractive pour le Gabonais moyen. À Libreville, on aime bien « sortir au cinéma », mais pour pas trop cher.

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