Cap sur l’économie de marché

Par Jeune Afrique

Le président James Alix Michel a désormais les mains libres pour accomplir ses réformes. Le Seychelles People’s Progressive Front (SPPF), au pouvoir depuis trente ans, a conservé la majorité absolue au Parlement à l’issue des élections organisées en mai 2007. Le scrutin avait été avancé de six mois afin de mettre un terme à la crise politique. Les élus de l’opposition boycottaient en effet l’Assemblée nationale depuis qu’une manifestation, organisée en octobre 2006 à Victoria, avait dégénéré en affrontements avec la police, faisant plusieurs blessés. Figure historique de l’ancien parti unique, James Alix Michel a bénéficié d’un soutien massif des militants et a profité de sa position de président sortant pour utiliser les médias publics et construire son succès. Le SPPF a ainsi obtenu 56,2 % des voix, contre 43,8 % pour le Seychelles National Party (SNP), et 23 des 34 sièges au Parlement monocaméral, le reste allant à l’opposition. Une répartition identique à celle de l’Assemblée nationale sortante. Malgré la défaite, l’opposition a quelques motifs de satisfaction : le SNP a obtenu la mise en place d’une commission d’enquête chargée de faire toute la lumière sur les violences perpétrées par les services de sécurité contre certains de ses partisans. Et a surtout réussi à tisser une alliance solide avec le Parti démocrate, dont les têtes de liste se sont présentées sous l’étiquette SNP. De bon augure pour les prochaines joutes électorales.

Aussitôt gagnées les élections législatives, le président James Alix Michel s’est fixé un objectif ambitieux : doubler le produit intérieur brut seychellois dans les dix prochaines années. La réalisation de cet objectif demandera un taux de croissance annuel de 8 %. Le pays est pour le moment loin du compte, avec une progression de 4,5 % en 2006 et de 6,1 % en 2007. Mais les autorités comptent sur la privatisation progressive de l’économie, la diversification des activités et la libéralisation des échanges avec l’Union européenne et les pays du Marché commun d’Afrique orientale et australe (Comesa) pour doper l’activité. De petite taille (elle ne compte que 40 000 actifs environ) et géographiquement très isolée, l’économie seychelloise repose essentiellement sur le tourisme et la pêche. Le premier secteur est en plein essor, avec 160 000 arrivées en 2007, soit 20 000 de plus qu’au cours de la saison précédente. De nouveaux hôtels de luxe et complexes haut de gamme ont été ouverts, alors que les vols à destination du pays progressaient fortement, notamment depuis l’Asie grâce aux dessertes assurées par la compagnie Emirates.

L’industrie de transformation du thon est également en phase de développement. Le complexe de l’Indian Ocean Tuna Ltd emploie désormais 1 300 personnes, contre 1 000 il y a un an. Les autorités sont actuellement en pourparlers avec des investisseurs pour la mise en place d’une nouvelle unité. Enfin, le gouvernement attend beaucoup de l’activité de transport pétrolier et de l’essor des services financiers pour diversifier l’économie et attirer des capitaux étrangers.

Parmi les promesses des autorités pour 2008 figurent la privatisation, longtemps retardée, du Seychelles Marketing Board (SMB), en charge des importations et de la commercialisation des produits de grande consommation, ainsi que l’ouverture de nouveaux supermarchés et l’attribution de licences pour les transporteurs privés.