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Bonnes performances marocaines

Écrit par Zoé Suarez

Meilleur représentant du royaume, le groupe Attijariwafa Bank a ravi la deuxième place à la Banque extérieure d’Algérie. De son côté, le secteur tunisien est en pleine modernisation.

Léger changement dans le haut de notre classement. Certes, National Bank of Egypt (NBE) reste en pole position en Afrique du Nord, avec près de 47 milliards de dollars de total de bilan en 2009 (+ 18 % par rapport à 2008), mais la place de numéro deux est désormais occupée par le marocain Attijariwafa Bank (AWB), avec un total de bilan de 36,4 milliards de dollars. La Banque extérieure d’Algérie (BEA), au deuxième rang à l’issue de l’exercice 2008, est ainsi rétrogradée à la troisième place. Victime de la chute des cours des hydrocarbures, elle voit son total de bilan régresser à 30 milliards de dollars en 2009. BEA conserve toutefois un résultat net de 466 millions de dollars. Parmi les autres établissements du pays, la Banque nationale d’Algérie pointe en sixième position avec un produit net bancaire (PNB) de 576 millions de dollars, suivie de la CNEP et du Crédit populaire d’Algérie ; les filiales de Société générale et de BNP Paribas ne figurent qu’en 42e et 43e positions, mais voient leurs résultats progresser.

Pas de changement notable en Tunisie, où Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT), Société tunisienne de banque (STB) et Banque nationale agricole (BNA) restent leaders sur le marché. La filiale tunisienne d’AWB, Attijari Bank, poursuit sa progression, se plaçant à la 36e place avec près de 2,6 milliards de dollars de total de bilan et un résultat net de 35 millions de dollars. Au premier trimestre 2010, son PNB a encore augmenté de 21 %. Sur cette même période, Amen Bank a aussi connu une activité soutenue, avec un PNB en hausse de 24 %.

Les 50 premières banques d'Afrique du Nord

L’année en cours va voir la mise en œuvre d’un programme de modernisation du secteur tunisien. Le capital minimum des banques sera porté à 100 millions de dinars (environ 68 millions de dollars) avant la fin de 2014. D’ici là, le taux des créances classées devra être ramené à moins de 7 %. En outre, pour accroître la bancarisation du pays, 400 nouvelles agences devront être ouvertes. Enfin, un pôle bancaire public va être créé : Tunisie Holding assurera le suivi des activités de STB, de BNA et de la Banque de l’habitat.

En Libye, les banques commerciales ont enregistré une hausse sensible de leurs ressources. Selon la Banque centrale, les dépôts ont atteint 22,5 milliards de dollars et les bénéfices avant impôts étaient évalués à 700 millions de dollars à l’issue de l’exercice 2009. Porte-drapeau du pays, Gumhouria Bank gagne une place, avec 26 milliards de dollars de total de bilan. Mais d’autres acteurs devraient bientôt se dévoiler : alors que l’on annonce la création prochaine de deux nouveaux établissements, la banque portugaise Banco Espírito Santo (BES) a pris position, annonçant en avril 2010 l’acquisition de 40 % du capital d’Aman Bank, pour près de 40 millions d’euros.

Enfin, le Maroc reste très bien placé dans notre palmarès, avec trois établissements classés dans les dix premiers d’Afrique du Nord. Il s’agit, outre Attijariwafa, du Crédit populaire du Maroc et de BMCE Bank. AWB a eu une année 2009 particulièrement riche, avec la poursuite de son expansion au sud du Sahara. Le groupe a ainsi finalisé le rachat de plusieurs filiales du français Crédit agricole : Crédit du Congo, Union gabonaise de banque, Société ivoirienne de banque et Crédit du Sénégal, le rachat de la Société camerounaise de banque devant être finalisé en 2010. Au Sénégal, le groupe a également achevé la fusion de la Compagnie bancaire d’Afrique occidentale (CBAO), acquise fin 2007, avec Attijari Bank Sénégal. D’un point de vue financier, son PNB a progressé de 21 %, son résultat net de 26,2 % (à 576 millions de dollars) et ses fonds propres sont en hausse de 17,5 % entre 2008 et 2009.

Également présent au sud du Sahara, BMCE Bank a connu une année moins flamboyante, avec un PNB en hausse de 6,6 % et des bénéfices réduits de moitié en un an. Mais il compte profiter de sa prise de contrôle du groupe Bank of Africa (BOA) pour unifier sa stratégie africaine  ; BMCE Bank doit en acquérir la majorité du capital et, début 2011, Mohamed Bennani, directeur général délégué de BMCE Bank, succédera à Paul Derreumaux à la tête de BOA.

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