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Journaux en quête de hauteur

Écrit par Georges Dougueli

Certains la disent vigoureuse, d’autres malade... La presse se cherche une respectabilité dans un environnement politique et socio-économique qui ne lui fait pas de cadeaux.

Selon le président du Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), Jean Marc Soboth, les ventes de journaux n’ont pas arrêté de chuter depuis 1994. « Pour certains des plus grands titres, on est passé de 120 000 exemplaires par édition à 4 000 aujourd’hui », estime-t-il. Francophones ou anglophones, les journaux se vendent mal. Appauvries, les entreprises réclament des exonérations fiscales portant sur les matériaux nécessaires à leur fabrication, sans réponse du gouvernement.

À côté de la bonne tenue globale des cinq quotidiens, certains périodiques oscillent entre impertinence et outrance. « Des scandales tels que la publication par des périodiques de listes d’homosexuels, début 2006, ou, plus récemment, un journal appelant les épargnants à retirer leur argent d’une banque de la place, ont contribué à rogner la crédibilité de la presse et la respectabilité du statut de journaliste », condamne Jean Marc Soboth.

Quant aux médias audiovisuels, en dehors de Spectrum Télévision, Canal 2 International, la radio Sweet FM et le télé-distributeur TV+, les autres chaînes vivent sous l’épée de Damoclès du régime dit de la « tolérance administrative », en attendant l’acquisition d’une licence, de 100 millions de F CFA (152 500 euros) pour la télévision et de 20 millions pour la radio. Dans l’audiovisuel comme dans la presse écrite, les journalistes sont mal payés.

Cinq syndicats et une tren­taine d’organisations de défense de la liberté de la presse existent au Cameroun. Mais, face à une faible culture syndicale et eu égard aux divisions qui affaiblissent leur corporation, les journalistes sont paradoxalement inaudibles face au patronat et aux autorités. Charly Ndi Chia, président de l’UJC (voir ci-dessous), l’a compris et entend promouvoir l’unité : « Il faut en finir avec les querelles telles que médias publics contre médias privés, anglophones contre francophones. Ou même grands journaux contre presse à scandale. »

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