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Africa 24 mise sur l’information en continu

Écrit par Faïza Ghozali

Cofondateur de 3A Télésud, Constant Nemale lance une nouvelle chaîne panafricaine. Il espère cette fois s’imposer sur un créneau encore vierge.

Lancement différé pour Africa 24. La « première chaîne mondiale d’information sur l’Afrique », qui devait être lancée le 1er janvier, le sera finalement « entre le 15 et le 20 », dixit son maître d’œuvre, le Franco-Camerounais Constant Nemale, qui reçoit dans son bureau parisien niché près des Champs-Élysées. Les locaux d’Africa 24, basés à Saint-Cloud sur le quai Carnot, sont encore en travaux – « On a tout cassé, on réaménage les 800 m2 ». Excellent communicant, il joue habilement de l’intérêt porté à son projet de chaîne africaine (certes basée à Paris), mais déjoue les questions liées à 3A Télésud, son premier bébé (voir encadré). Il aime aussi à rappeler son passé de journaliste (au sein de la revue spécialisée Mondial Basket NBA) et d’auteur d’une biographie autorisée de Michael Jordan.

 

Six mois d’études de marché

Africa 24, « ce sera des news en continu ». Le public ? « Les décideurs du continent. » Une trentaine de collaborateurs auraient d’ores et déjà été embauchés, dont des transfuges de 3A Télésud. Comme Pierre Bedou, qui en fut le cofondateur, de nouveau aux commandes des programmes à Africa 24. Ou Babylas Boton, qui seconde le rédacteur en chef, le Martiniquais Patrick Jean-Pierre. Quant au réseau de correspondants sur place, les bureaux de Casablanca, Dakar, Abidjan, Yaoundé et Johannesburg seront prêts à la fin de janvier. D’autres, à Luanda et Malabo, « permettront un autre développement linguistique d’Africa 24 », en espagnol et portugais. Logique, au regard de l’ambition de la chaîne : être diffusée sur tout le continent, ainsi qu’en Europe et aux États-Unis sur le câble et le satellite. D’où, d’ailleurs, le retard du lancement de la chaîne : le temps requis par les opérateurs pour l’inclure dans leurs bouquets d’offres est de deux à six mois. Mais « les préaccords ont déjà été signés, assure Nemale, et toute la plate-forme de diffusion sera finalisée dans dix-huit mois ». Fouillant dans ses archives bien classées, il en extirpe tour à tour différents dossiers : benchmarks, habillages, sondages…

Constant Nemale veut prouver le professionnalisme de sa démarche. Et cite, comme autant de cautions, le soutien du groupe Canal+, les membres du comité stratégique d’Africa 24 (Jean-Claude Darmon, Diagna Ndiaye, Serge Yanic Nana…) et le cabinet conseil Gide Loyrette, dont il s’est attaché les services. En revanche, le budget de fonctionnement est plutôt modeste : 5 millions d’euros annuels (contre 89 millions pour France 24, par exemple). Un budget « calculé sur le potentiel publicité », précise Nemale : entre 2,4 et 5 millions d’euros.

Six mois d’études de marchés et de sondages qualitatifs ont permis de cibler un millier d’annonceurs. La chaîne, quant à elle, est valorisée à hauteur de « 50 millions d’euros », selon son fondateur, qui refuse de donner plus de détails. « Je suis l’actionnaire majoritaire », se contente-t-il d’indiquer. Via la société qu’il a créée au Luxembourg, Afrimedia International, au capital initial de 31 000 euros, passé aujourd’hui à 5 millions d’euros. Même mutisme quant à l’engagement de certains États africains, comme celui de la Guinée équatoriale, annoncé en août 2008. Mais, Nemale le promet, il dira tout en avril 2009, lors de l’inauguration officielle de la chaîne.

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