Fermer

ContourGlobal se branche sur l’Afrique

Écrit par Frédéric Lejeal, envoyé spécial à Lomé

©

L’entreprise américaine construit une centrale électrique au Togo (100 MW). Elle lui servira de référence pour conquérir le continent et pourrait assurer, dès 2010, l’autonomie énergétique du pays.

Les ambitions de ContourGlobal, spécialisée dans le financement et l’exploitation d’équipements énergétiques, passent par le Togo. Fondée en 2005 par Joseph de Brandt, un ex-dirigeant du producteur et distributeur d’électricité américain AES Corp, et par la société d’investissement new-yorkaise Reservoir Capital Group, qui gère un fonds de 3,5 milliards de dollars, ContourGlobal a lancé officiellement ses activités sur le continent le 12 janvier, à Lomé. Depuis cette date, elle a débuté la construction d’une centrale électrique, à quelques encablures du port, en présence du chef de l’État, Faure Gnassingbé. La livraison est promise au premier trimestre de 2010 pour un investissement de 176 millions de dollars, financé à 75 % par l’Overseas Private Investment Corporation (Opic), l’agence gouvernementale qui aide les entreprises américaines à investir à l’étranger, et à 25 % par ContourGlobal.

« Le Togo est au cœur de la toile énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Il bénéficiera à l’avenir d’une formidable extension des interconnexions. À partir de Lomé, nous pourrons alimenter toute la sous-région », justifie Joseph de Brandt. L’investissement réalisé, la capacité installée du Togo s’élèvera à 175 MW, bien plus que la demande intérieure (110 MW). À terme, ContourGlobal envisage d’étendre les capacités de la centrale pour exporter de l’électricité. Jusqu’à faire du Togo une puissance énergétique d’Afrique de l’Ouest ? Au cœur de la stratégie de Contour Global, la future centrale de Lomé lui servira de vitrine sur le continent. « C’est pour cette raison que nous voulons aller vite », explique son vice-président, Alain Tronche. Avec dix projets dans le monde (Brésil, Ukraine, Colombie…) et une capacité installée de 1 000 MW, le portefeuille de l’entreprise devrait rapidement s’étoffer en Afrique. Présente au Rwanda à travers le projet KivuWatt (exploitation des réserves de méthane du lac Kivu), elle a remporté, en 2008, un contrat de 225 millions d’euros pour la construction et la gestion d’une quinzaine de sites en Europe et en Afrique afin de fournir en énergie (58 MW) les usines de Coca-Cola Hellenic Bottling Company. L’un d’eux se situera à Lagos (Nigeria). L’entreprise veut aussi bien se positionner en Afrique de l’Ouest qu’en Afrique centrale (Sierra Leone, Liberia, les deux Congos…). Courant février, une délégation se rendra au Niger et au Mali pour évaluer la faisabilité de certains projets.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici