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Aimable 
Mporé

Écrit par Propos recueillis par Patrick Sandouly

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Directeur général de MTN Côte d’Ivoire

Jeune Afrique : à quel domaine accordez-vous la priorité cette année, l’innovation ou l’extension des réseaux ?

Aimable Mporé : La priorité numéro un est la maîtrise des coûts. Nous devons développer nos réseaux et nos services tout en faisant face à une concurrence grandissante. Côté innovations, ce sera comme les autres années. Nous les introduirons au fur et à mesure qu’elles seront disponibles. Sachant qu’en tant qu’entreprise africaine nous développons des produits qui répondent au marché africain et ne sont pas forcément très utilisés en Europe. Dans un mois, par exemple, nous allons lancer le M-paiement dans les neuf pays d’Afrique de l’Ouest et centrale où nous sommes présents. Au même moment, nous lancerons la télévision sur le mobile et le ­BlackBerry en Côte d’Ivoire.

Comment préserver vos marges tout en développant le réseau dans les zones rurales ?

La concurrence pousse les tarifs à la baisse alors que l’extension des réseaux coûte cher à mesure qu’on s’éloigne des villes, parce qu’il y a moins de clients potentiels par borne installée et parce qu’il faut souvent construire une route et amener l’électricité. Pour préserver les marges, l’une des solutions serait de partager les coûts des infrastructures avec les autres opérateurs. Ce qui pose un problème dès qu’apparaît un nouvel opérateur : comment fait-on pour partager avec lui les investissements que nous avons déjà faits ?

Mais le problème est limité à la Côte d’Ivoire, où on compte cinq opérateurs…

Pour le moment, c’est limité à la Côte d’Ivoire. Mais je pense que le phénomène va se poursuivre, il y aura une sorte de contagion. Les pays vont accorder de plus en plus de nouvelles licences d’exploitation. Cependant, personne ne peut prédire aujourd’hui quelle sera la viabilité à terme de ces nouveaux opérateurs. En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, je ne pense sincèrement pas que le marché soit assez vaste pour cinq opérateurs qui investiraient autant que les premiers entrants ont investi.

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