Fermer

L’ange gardien d’Amadou et Mariam

Écrit par Pierre-François naudé

©

À l’origine de la réussite internationale du couple malien, le directeur artistique Marc-Antoine Moreau. Un Français qui produit aujourd’hui de jeunes artistes africains. Avec succès.

En pleine tournée promotionnelle pour leur cinquième album et à la veille de leur concert parisien à La Cigale, Amadou et Mariam ne tarissent pas d’éloges sur leur directeur artistique, Marc-Antoine Moreau. « Rien n’aurait été possible sans lui », répète à l’envi Amadou. Fondateur du label All Other en 2002, Marc-Antoine est en effet à l’origine de leur réussite internationale. C’est grâce à lui, alors qu’il était membre de la direction de Polygram, qu’ils ont sorti leur premier album CD, Sou ni tilé, en 1998. Et qu’ils ont rencontré ensuite Manu Chao (producteur de Dimanche à Bamako) et Damon Albarn, instigateur du festival itinérant Africa Express, auquel ils participent régulièrement, croisant le chemin d’artistes qui figurent aujourd’hui sur leur surprenant Welcome to Mali (voir encadré).

Depuis, grâce au succès du couple malien, Marc-Antoine a pu lancer sur son label des artistes peu connus du grand public, comme le chanteur sénégalais Chérif Mbaw, le Malien Mo DJ – qui remixe en 2005 « Dimanche à Bamako » – ou encore le Français Marc Minelli, qui compose avec son sampler des morceaux électroniques à partir de sons hétéroclites enregistrés sur le continent.

« Mon label, explique-t-il, s’appelle All Other en référence à la foule de ceux qui, à la douane, doivent se mettre en rang devant le panneau “All other passports” et sont, dès leur arrivée, “à part”. Mon objectif est de faire émerger ces “autres”, en particulier les artistes africains qui, malgré leur talent, peinent à trouver une vraie reconnaissance internationale. » Outre les albums d’Amadou et Mariam, All Other produit avec succès ceux du koriste guinéen Ba Cissoko (Electric Griot Land), ou du rappeur somalien K’Naan (The Dusty Foot on the Road).

Mais la morosité du marché du disque oblige aujourd’hui Marc-Antoine à regarder ailleurs. « Notre chiffre d’affaires reste insuffisant : entre 50 000 et 400 000 euros, selon les bonnes ou les mauvaises années », explique-t-il. Il cherche donc aujourd’hui à ouvrir, à Paris, un restaurant-salle de concerts à l’image du Jazz Café de Londres. Autre projet, tout aussi ambitieux : Éclipse, un spectacle musical, sur le modèle des opéras-rock anglo-saxons. Sa particularité ? « Les spectateurs seraient guidés dans l’obscurité par des aveugles qui les accompagneraient à leur place. Leur odorat ou leur sensibilité au chaud et au froid seront particulièrement sollicités », explique-t-il. En pensant, bien sûr, à Amadou et Mariam pour le rôle phare…

*Amadou et Mariam, en concert à la Cigale, à Paris, le 11 février.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici