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Un tabou maghrébin

Écrit par Nicolas Marmié

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Ils sont prêts à tout pour fuir leur pays et tenter l’aventure ailleurs. Ce ne sont pas de simples migrants à la recherche d’un emploi, mais des désespérés.

« Mektoub ! » C’est le destin… Les harraga (ceux qui « brûlent » les frontières) sont les héros modernes d’une tragédie antique, d’un face-à-face incertain avec la mort ou la réussite. Des jeunes gens qui, au péril de leur vie, défient Mare Nostrum pour rejoindre des hypothétiques lendemains radieux, aperçus dans le poste de télévision familial ou sur l’écran d’ordinateur d’un cybercafé. Faute d’outils statistiques fiables – une solide chape de plomb entoure le sujet, car il est toujours pénible de jauger ses propres échecs –, il est difficile de mesurer précisément l’ampleur du phénomène. Mais en recoupant, en interrogeant, en compilant, il est possible d’en évaluer l’importance et la lourde signification pour les sociétés maghrébines.

Avec en corollaire cette lancinante question : pourquoi ? Pourquoi « brûler » sa jeunesse, sa vie dans une mer sombre et glacée ou sur les rochers de la forteresse européenne ? C’est à cette question que Jeune Afrique a voulu répondre avec cette enquête sur ce douloureux tabou maghrébin jusque-là occulté par l’immigration d’origine subsaharienne. De Rabat à Tunis en passant par Alger, une piste de conclusion se dessine. C’est autant un eldorado virtuel que recherchent ces aventuriers que la fuite d’un quotidien bouché, obéré par des gouvernements encore trop déconnectés de leur vraie richesse : leur jeunesse, souvent méprisée et, in fine, déshéritée…

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