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Maroc : le débat sur les coupes budgétaires continue

Selon le haut commissaire, le Maroc affronte une détérioration de ses équilibres macroéconomiques marqués par une dégradation du déficit budgétaires et de ses comptes extérieurs. DR ©

La crise internationale et le manque de réformes structurelles ont affaibli les fondamentaux macroéconomiques du royaume chérifien. Le 17 avril, Le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami a livré sa contribution au débat qui agite actuellement le pays. Morceaux choisis.

Depuis une dizaine d’années, le Maroc a principalement fondé sa croissance sur la demande intérieure, les investissements publics et les rentrées de devises. Mais le contexte économique international a mis en lumière les faiblesses de ce modèle. « Le Maroc affronte une détérioration de ses équilibres macroéconomiques marquée, en particulier, par une dégradation du déficit budgétaire et de ses comptes extérieurs », a déclaré le Haut commissaire au plan, Ahmed Lahlimi Alami. En effet, le déficit budgétaire a atteint 7,1 % en 2012 et les prévisions de 4,8 % pour 2013 sont jugées très optimistes. Le Maroc a déjà été contraint de raboter dans ses dépenses publiques, sous la pression du Fonds monétaire international qui a effectué une mission en urgence dans le pays au mois de février dernier.

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Le gouvernement a réagi en ponctionnant 25% de son budget d’investissement prévu dans la loi de finances de 2013 (15 milliards de dirhams), au lieu de s’attaquer à la difficile réforme de la politique de subventions dont le coût est estimé à 56 milliards de dirhams cette année (6,5 % du PIB). « La baisse de l’une et l’autre de ces dépenses aurait, dans l’immédiat, des conséquences sur la compétitivité et les niveaux de vie. Ces répercussions doivent être, bien entendu, sérieusement évaluées », avertit l’économiste (ayant rang de ministre).

Compétitivité

Concernant la forte réduction des investissements publics, Ahmed Lahlimi Alami se montre sceptique : « Elle est, en effet, de nature à compromettre le développement futur de notre pays, alors qu’une planification stratégique, qui intégrerait les programmes sectoriels en cohérence avec le cadre macroéconomique d’une part, et une plus grande rigueur dans leur gestion d’autre part, augmenteraient le rendement de ces investissements et contribueraient à l’amélioration de la compétitivité de notre appareil de production et à la réduction des déficits extérieurs ».

Après avoir proposé l’expertise de son institution « pour faire l’évaluation de toute alternative de politique publique », M. Alami a terminé son allocution par une touche d’optimisme : « Le Maroc, grâce à la solidité de ses institutions et au rayonnement de son leadership, jouit d’une excellente image autant auprès de ses partenaires bilatéraux et régionaux qu’auprès des organismes et des marchés internationaux. Il peux compter d’autant plus sur leur soutien que les réformes qu’il entreprendra auraient pour but de relever, à terme, le niveau de la croissance potentielle de son économie ».

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