Ouverture médiatique

Écrit par Abdelaziz Barrouhi

Les résidents et visiteurs étrangers en Libye s’en plaignaient. Ils ne trouvaient pas leurs journaux et magazines habituels pour meubler leur temps libre. Depuis le 24 février, ils auront le choix entre plusieurs dizaines de titres dans les librairies et kiosques de Tripoli et des autres villes du pays. L’initiative en revient au groupe Al-Ghad (Demain) Médias, créé par Seif el-Islam, fils du « Guide » et néanmoins initiateur de réformes pour l’ouverture de la Libye au monde extérieur. Quelque quatre-vingt-dix titres, essentiellement en arabe et en anglais, et dont seulement quelques noms ont été rendus publics, ont été sélectionnés et seront distribués par une filiale du groupe Al-Ghad. « Les premiers exemplaires ont commencé à arriver à l’aéroport de Tripoli le 23 février au soir, et le mouvement va s’accentuer dans les prochaines semaines au fur et à mesure que les contrats de distribution seront signés », a déclaré à Jeune Afrique Abdesselam Mechri, directeur général d’Al-Ghad Médias. Selon lui, ces publications ne subiront pas de censure formelle, mais le distributeur tiendra compte des « valeurs sociales, culturelles et islamiques » libyennes.

Jusque-là et depuis une quarantaine d’années, c’était quasiment le désert médiatique en Libye, où n’étaient disponibles que des journaux arabophones alignés sur le régime. Un pluralisme de bon aloi a commencé à s’instaurer en 2007 quand Seif el-Islam a lancé deux chaînes de télévision satellitaires privées, deux quotidiens et un réseau de chaînes radio FM, qui ont bénéficié d’une certaine marge de liberté. Pour Seif el-Islam, l’objectif est de créer en Libye « une liberté de la presse sans précédent dans le monde arabe »