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Ce que pensent les Ouagalais

Par Jeune Afrique

Comment les habitants de la capitale jugent l’action et la gestion des autorités.

Comme partout ailleurs, le maire est vu comme un responsable dont l’influence sur les conditions de vie de ses concitoyens est déterminante. Aussi les habitants de la capitale n’hésitent-ils pas à attaquer Simon Compaoré sur des sujets qui ne sont pas de sa compétence mais de celle de l’État : cherté des loyers, hausse des prix, chômage des jeunes… Malgré ces critiques, l’image de l’équipe municipale, aux commandes de la ville depuis 1995, est globalement positive, et son premier magistrat a su engranger un réel capital de sympathie.

« La municipalité travaille. Elle dépense de l’argent, et cela se voit », estime Moussa Gnegne. Pour le directeur de Faso Services, une entreprise de location de voitures, qui habite le quartier de Pissy depuis trente ans, la plus grande source d’inquiétude c’est la jeunesse. « Il n’y a pas assez de choses pour les jeunes. Ils s’ennuient, consomment des boissons frelatées, fument, ne font rien. Qu’est-ce que cela donnera dans dix ans ? »

Un jugement partagé. « On vit selon nos moyens, mais c’est de plus en plus difficile. La situation des jeunes est critique », estime Boukary Ouédraogo. Ce diplômé en économie de 28 ans, agent de sécurité dans un grand hôtel de Ouagadougou faute d’avoir trouvé un emploi dans son domaine, a du mal à joindre les deux bouts avec un salaire dérisoire de 25 000 F CFA (38 euros) par mois. Il reconnaît cependant « une amélioration indiscutable » de la salubrité et du cadre de vie dans la capitale. Pour Astride Bembamba, 23 ans, mannequin designer installée depuis quinze ans dans le quartier de la Patte d’oie, « les gens ne sont jamais satisfaits mais, objectivement, on voit ce que fait la mairie. On est passé d’une ville poussiéreuse à une ville goudronnée. » Elle déplore tout de même « le manque d’endroits pour faire la fête ».

 

Pas assez pour les jeunes

Selon Abdou Dan Loukman, 34 ans, vendeur d’objets d’art dans le centre-ville et habitant depuis dix-huit ans à la Trame d’Accueil, près de Ouaga 2000 (voir pp. 80-81), la mairie a fait beaucoup pour sa profession. « Nous étions dans une cabane en bois. Aujourd’hui, nous sommes dans des boutiques en dur. » S’il note « de nombreux progrès pour l’entretien de la ville », il regrette en revanche « le manque d’implication » des maires d’arrondissement dans la vie de la collectivité.

L’augmentation des prix des loyers et du coût des transports est la préoccupation première de la majorité des Ouagalais. Il faut compter 7 500 F CFA (11,50 euros) pour une pièce et 12 000 F CFA pour un deux pièces dans le quartier populaire Hamdalaye, qui longe la voie ferrée allant à Abidjan. Ailleurs, les tarifs sont plus élevés. Un trois pièces peut monter jusqu’à 120 000 F CFA (183 euros), alors que le salaire d’un fonctionnaire oscille entre 50 000 et 150 000 F CFA.

Côté transports, le prix du ticket de bus est passé de 100 à 150 F CFA (de 0,15 à 0,22 euro) et celui des taxis a suivi l’évolution du coût de la vie. « La ville s’étend. Les distances augmentent et nous sommes obligés d’avoir notre propre véhicule, ce qui coûte très cher ici », juge Jean-Marie Motandi Tompoudi, 40 ans, habitant le secteur 10 du quartier de Pissy.

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